Bahreïn : le Conseil des droits de l'homme préoccupé par l'usage excessif de la force et le sort des prisonniers politiques

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Le Conseil des droits de l'homme a entamé, ce lundi 21 mai à Genève, les travaux de sa 13e session, avec l'examen du rapport de Bahreïn, dans le cadre du Groupe de travail sur l'Examen périodique universel. Plusieurs pays ont demandé au Bahreïn de libérer tous les prisonniers politiques, certaines délégations appelant même à la libération du militant des droits de l'homme de renom Nabil Rajab, accusé de tweets contre le gouvernement.

Au cours des débats, il a été également question de l'usage excessif de la force par les autorités bahreïnies. C'est le cas de la Suisse, qui s'est dite « préoccupée par les violations graves et répétées des droits de l'homme commises par les agents de sécurité lors des manifestations pacifiques ».

Berne s'est également inquiétée du nombre élevé de personnes détenues, dont le seul tort est d'avoir exercé leur droit à la liberté d'expression. La Suisse recommande à Bahreïn de libérer les personnes détenues dans le cadre de ces manifestations et d'abroger toutes les dispositions législatives qui criminalisent l'exercice de ce droit.

Plus généralement, de nombreux pays ont salué la création d'une commission d'enquête nationale indépendante sur les faits survenus en 2011 lors des violentes manifestations, tout en exhortant le gouvernement à mettre en oeuvre l'ensemble des recommandations du rapport publié par la commission.

Répondant à ces critiques, le ministre des Droits de l'homme du Bahreïn, Salah Bin Ali Mohamed Abdulrahman, a qualifié les évènements de 2011 de « tristes ». Il a par ailleurs expliqué que l'adoption des recommandations du rapport de la commission d'enquête, qui le 23 novembre dernier a dénoncé un « usage excessif et injustifié de la force » de la part des autorités lors des troubles qui ont secoué ce petit Etat du Golfe en février et mars 2011, est « un travail qui prend du temps ».

Concernant les prisonniers politiques, le ministre bahreïni a affirmé que « nous n'avons pas de prisonniers de conscience, nous n'avons pas de prisonniers qui sont détenus sur la base d'une liberté d'expression », tout en indiquant que les cas dont ont parlé plusieurs pays devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU font « l'objet d'une enquête ».

Dans la compilation établie par le Haut-Commissariat aux droits de l'homme, le document note qu'en 2012, la Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l'homme s'est déclarée préoccupée par le nombre important d'allégations reçues et de communications envoyées entre décembre 2010 et novembre 2011 et s'est inquiétée de l'intégrité physique et psychologique des défenseurs des droits de l'homme à Bahreïn. Elle était préoccupée en particulier par les informations faisant état de la pratique de la détention dans des lieux tenus secrets et par le traitement des défenseurs des droits de l'homme en détention. La Rapporteuse spéciale demeurait également préoccupée par la situation de six détenus condamnés à la prison à vie le 22 juin 2011.

Dans le rapport fourni par Bahreïn, Manama indique avoir accepté une visite du Rapporteur spécial sur la torture, qui a été contacté pour fixer la date et l'ordre du jour de cette visite, prévue en juillet 2012. Bahreïn étudie les demandes du Rapporteur spécial sur le droit à la liberté d'association et d'assemblée pacifique, du Rapporteur spécial sur les droits de l'homme des migrants et du Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme.

(Extrait sonore : Dante Martinelli, Ambassadeur de Suisse auprès des Nations Unies à Genève)

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18/10/2017
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