Afghanistan : une conférence sur les réfugiés débute à Genève

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L’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan ont présenté, ce mercredi à Genève, leur première stratégie commune d’aide aux réfugiés afghans, sous l’égide du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) qui estime les besoins du plan à 1,9 milliard de dollars d’ici 2014. Après des décennies de conflit en Afghanistan, plus de trois millions de réfugiés afghans vivent toujours hors de leur pays, notamment au Pakistan et en Iran.

Selon le Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Antonio Guterres, cette conférence intervient alors que l'Afghanistan se trouve dans une « phase importante de transition caractérisée par l’incertitude ».

Ces discussions de Genève ont permis l’élaboration d’un document de « stratégie de solutions pour 2012-2014 » qui a été présenté aux participants de la conférence internationale de deux jours à laquelle participent quelque 60 gouvernements et 40 organisations internationales. Le coût du plan d’aide proposé pour les trois prochaines années est évalué à 1,9 milliard de dollars, dont plus de 860 millions pour l’Afghanistan, plus de 610 millions pour le Pakistan et plus de 430 millions pour l’Iran.

Ces fonds permettront de financer les activités de réintégration d’anciens réfugiés rapatriés en Afghanistan. Au Pakistan et en Iran, ils permettront surtout de soutenir les familles d’accueil et d’aider les réfugiés à améliorer leur éducation et leurs compétences en vue de faciliter leur retour et réintégration dans leur pays d’origine.

L'exode massif de réfugiés afghans depuis 1978 a eu des effets multiples, notamment sur les pays voisins et leurs populations. Plus de trois millions de réfugiés afghans vivent toujours hors de leur pays, après des décennies de conflit et de troubles en Afghanistan, avec 1,7 million de réfugiés au Pakistan et un million en Iran. Par ailleurs, le HCR estime qu'environ 2,5 millions d'Afghans se trouvent au Pakistan et en Iran sans y être enregistrés. A ce nombre s’ajoutent un demi-million de personnes déplacées à l’intérieur de l’Afghanistan.

Selon le HCR, quelque 5,7 millions de réfugiés afghans ont pu retourner dans leur pays depuis 2001. Mais nombre d’entre eux éprouvent de grandes difficultés une fois rentrés dans leur pays en raison du manque d’emplois, de services sociaux et de logements. Face à ces difficultés, « le volume des retours en provenance d’Iran et du Pakistan a nettement diminué ces trois dernières années », a souligné le Ministre afghan des Réfugiés et du rapatriement, Jamaher Anwary.

« Le taux de retour a ainsi chuté, passant de plus d’un quart de million réfugiés rapatriés par an à près de 70.000 l’an dernier », fait remarquer le Haut commissaire de l’ONU pour les réfugiés.

Les participants à la conférence internationale à Genève discuteront jusqu'au jeudi 3 mai de la stratégie proposée par les trois pays et le HCR ainsi que des modalités de sa mise en oeuvre.

Selon le HCR, il est nécessaire d’établir une stratégie pour pérenniser la solidarité internationale et le partage de la charge. Le déplacement de population afghane est l’une des situations de réfugiés les plus anciennes et les plus complexes au monde. L’Afghanistan et ses voisins doivent continuer à recevoir un appui de la communauté internationale pour mettre en œuvre des solutions durables.

(Extrait sonore : Antonio Guterres, Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés)

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11/12/2017
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