Thaïlande : mobilisation de l'OIM et de la police thaïe pour lutter contre la traite des êtres humains

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Des victimes de la traite

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Bureau de l'immigration de la police royale thaïe et l'ambassade du Canada à Bangkok lanceront, cette semaine, un projet visant à accroître la capacité de la Thaïlande à lutter contre la traite depuis et dans le pays. L'objectif est de renforcer la gestion des frontières et la capacité de renseignement des responsables du gouvernement thaï. Un atelier marquant le lancement du projet réunira, le vendredi 20 avril prochain à Bangkok,  les responsables des forces de l'ordre et d'autres acteurs clés à afin d'évaluer la situation actuelle du trafic illicite d'êtres humains en Thaïlande et de trouver des solutions.

Le projet vise à accroître la capacité des agents de première ligne à identifier et à aider les migrants faisant l'objet de trafic et de recueillir et diffuser des informations sur les opérations de trafic. Il vise également à sensibiliser davantage les migrants potentiels aux dangers de recourir à des passeurs pour les aider à se rendre dans des pays développés d'Amérique du Nord, d'Asie-Pacifique et d'Europe.

La Thaïlande est une plaque tournante de la migration en Asie du Sud-est et un pays majeur de destination, d'origine et de transit pour le trafic illicite de migrants. La plupart des migrants clandestins entrent en Thaïlande par voie terrestre depuis les pays voisins, mais certains entrent légalement avec un visa touristique avant de poursuivre leurs périples vers d'autres pays. D'autres sont en possession de faux visas ou de faux documents de voyage.

En août 2010, un cargo en provenance de Thaïlande a été arrêté au large de la côte ouest du Canada avec 492 migrants irréguliers sri lankais à bord.

Bien que de nombreux migrants irréguliers aient été arrêtés et soient détenus en Thaïlande, il reste beaucoup à faire pour traduire les passeurs en justice, car les données de qualité sur les opérations de trafic sont restreintes et le partage d'informations et la coordination avec les pays voisins demeurent limités.

La Thaïlande dispose d'une législation globale de lutte contre la traite, mais d'aucune loi spécifique sur le trafic illicite d'être humains, qui relève de la loi nationale sur l'immigration. Elle n'a pas non plus ratifié la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, qui établit le cadre juridique international en matière de lutte contre le trafic illicite d'être humains.

Le projet, financé par le Canada et mis en œuvre par l'OIM et le Bureau de l'immigration de la police royale thaïe, fait suite à une visite du Premier ministre canadien, Stephen Harper, le mois dernier, qui a identifié le trafic illicite d'êtres humains depuis l'Asie du Sud-est vers le Canada comme une question préoccupante.

Le gouvernement canadien engage 7 millions de dollars sur deux ans afin d'aider à lutter contre le trafic illicite de migrants dans la région et le projet thaï s'inspirera de projets similaires de l'OIM financés par le Canada au Cambodge, au Laos, au Vietnam, en Malaisie et en Indonésie.

(Extrait sonore : Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations)

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18/10/2017
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