Soudan : l'OIM accélère l'évacuation des rapatriés sud-soudanais bloqués à Renk

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Le personnel de l'OIM au Soudan.

L'OIM s'inquiète de l'intensification des tensions entre le Soudan et le Soudan du Sud et de ses conséquences sur les populations dans les zones frontalières, mais aussi sur les rapatriés qui se sont retrouvés bloqués sur leur chemin. L'insécurité croissante dans les zones frontalières limite la capacité des organisations humanitaires à fournir une aide directe aux communautés touchées dans les zones de conflit. Et la reprise des affrontements entre le Soudan et le Soudan du Sud compromet le retour des Soudanais du Sud vivant au Nord.

Toutefois, un convoi fluvial affrété par l'OIM transportant 1 708 rapatriés sud-soudanais a quitté, hier, la ville frontalière de Renk, dans l'Etat du Nil supérieur, pour Juba, la capitale du Soudan du Sud. Le convoi est composé de trois bateaux de passagers et de quatre bateaux de bagages. L'OIM accélère l'évacuation des rapatriés depuis Renk, en organisant des convois fluviaux et routiers vers Malakal et Juba, car les affrontements sporadiques dans les zones frontalières entre les forces du Soudan et du Soudan du Sud continuent.

La plupart des rapatriés sont bloqués à Renk depuis plusieurs mois après leur arrivée depuis le Soudan. La majorité se rend vers la région du Bahr el Ghazal. D'autres se rendent à Juba, la capitale, ou ailleurs. Ils bénéficieront tous d'une aide au transport par l'OIM, afin de rejoindre leur destination finale.

Il s'agit du quatrième convoi fluvial organisé à Renk depuis juin 2011. L'OIM a fourni une aide au transport à plus de 12 000 rapatriés bloqués au Soudan du Sud l'année passée, portant le nombre total d'individus qui a reçu une aide à plus de 22 000.

La saison des pluies vient de commencer et l'accès à Renk sera d'autant plus difficile que les routes en direction du Sud deviennent impraticables. L'OIM craint que l'escalade de la violence se propage à l'Etat du Nil supérieur, où des accrochages ont déjà lieu régulièrement. Les difficultés opérationnelles dans la gestion de ces mouvements se sont considérablement accrues du fait de la pénurie de bateaux et d'autres moyens de transport, de la raréfaction du carburant et de la pénurie de marchandises et de matériaux depuis la fermeture des frontières aux échanges commerciaux avec le Soudan.

L'OIM a réagi au récent bombardement de civils à Bentiu (Etat d'Unité) en organisant l'acheminement de fournitures médicales d'urgence par voie aérienne, vers l'Hôpital de Bentiu. L'Organisation a affrété trois avions pour transporter un peu moins de trois tonnes de fournitures médicales d'urgence (données par l'OMS). Lors du vol de retour, les avions ont rapatrié des patients blessés pendant les bombardements, depuis l'Hôpital de Bentiu vers l'Hôpital universitaire de Juba, où ils ont été soignés.

Heglig, qui a récemment été le théâtre d'affrontements, est située à seulement 60 km à l'est de la zone controversée d'Abyei. L'OIM continue de surveiller la situation de plus en plus tendue à Abyei. Les affrontements en mai 2011 ont causé le déplacement de plus de 100 000 personnes dans la région vers le Soudan du Sud.

(Interview : Jean Philippe Chauzy, porte-parole de l'OIM; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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