Soudan: de plus en plus de réfugiés affamés fuient le Kordofan-Sud

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Des réfugiés soudanais au Soudan du Sud (Photo: HCR/ V. Tan)

Le nombre des réfugiés affamés fuyant les combats au Kordofan-Sud, dans le sud du Soudan, a brusquement augmenté ces dernières semaines. Des réfugiés qui ont dit aux organisations humanitaires qu’ils avaient subsisté de plantes sauvages pour n’avoir pas pu semer à cause des combats et d'un approvisionnement limité en denrées alimentaires.

Selon le dernier bulletin humanitaire du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), 234 personnes ont franchi chaque jour la frontière du Soudan du Sud en moyenne en avril, pour la plupart en direction du camp de réfugiés de Yida, contre 84 par jour en février et mars.

Au Kordofan-Sud et au Nil Bleu, un autre Etat soudanais frontalier, des combats opposent depuis l’été dernier l’armée soudanaise à des groupes rebelles.

Selon l’OCHA, les nouveaux arrivants expliquent être partis en raison « de pénuries alimentaires, d’inquiétudes sur la possibilité de rejoindre Yida à l’approche de la saison des pluies (imminente, ndlr) et des combats intenses dans leur région d’origine ». Une préoccupation que partage le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés qui a avait alerté le 24 avril dernier sur le sort des réfugiés soudanais au Soudan du Sud. Selon Fatoutama Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR à Genève, certains Soudanais qui se sont réfugiés au camp de Yida disent avoir fui le Soudan en raison des pénuries alimentaires ou de l'intensité des combats dans leur région d’origine.

A cet égard, le bulletin hebdomadaire d'OCHA souligne que certains réfugiés « ont dit aux organisations humanitaires qu’ils avaient subsisté de plantes sauvages parce qu’ils n’avaient pas pu semer à cause des combats et parce que l’approvisionnement en denrées alimentaires était limité ».

Autre source de préoccupation pour les humanitaires, le danger des mines et des munitions non-explosées dans cette région, évoquant sans préciser de date le cas de trois enfants tués à Kadougli, la capitale du Kordofan-Sud, par l’une de ces munitions qu’ils venaient de trouver.

Selon le HCR, des mois de combats intermittents ont poussé plus de 115 000 réfugiés soudanais à rejoindre le Soudan du Sud et près de 30 000 autres vers l’Ethiopie. Beaucoup pourraient encore suivre si le conflit s’intensifie. Le HCR  avait appelé le 24 avril dernier Khartoum et Juba ainsi que les autres parties au conflit, à faire leur possible pour éviter que la vie des civils déplacés ne soit mise en danger et pour cesser les actions qui pourraient générer encore davantage de déplacement de population.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo ; avec un extrait sonore de Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR à Genève)

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12/12/2017
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