Personnes déplacées : Bond de 20% en 2011, notamment à cause du Printemps arabe

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Des manifestants en Syrie: La répression des révoltes a fait 156.000 nouveaux déplacés dans ce pays

Conflits, guerres ou violences ont conduit 3,5 millions de personnes supplémentaires à quitter le propre pays l’an dernier. Soit 20% de plus qu’en 2010 ! Selon le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et l'Observatoire sur les déplacements internes (IDMC), ce bond est dû au Printemps arabe, notamment en Libye, au Yémen et en Syrie. En revanche, le chiffre global de déplacés s’est réduit en 2011 : il est passé de 27,5 millions à 26,4 millions

Sur les 3,5 millions de nouveaux déplacés, environ « 830.000 d’entre eux ont fui l’impact des soulèvements du Printemps arabe », selon le rapport. En Libye, 500.000 personnes ont ainsi fui les violences. Fin 2011, ils étaient encore 154.000 à n’avoir pas pu rejoindre leur domicile. La répression des révoltes a par ailleurs fait 156.000 nouveaux déplacés en Syrie et 175.000 au Yémen.

« Bien que les soulèvements du Printemps arabe ont causé d’importants pics de déplacement interne, les événements dans d’autres régions, telles que la propagation du conflit armé en Afghanistan et les activités des cartels de la drogue et des gangs paramilitaires en Colombie, ont fait progressé les chiffres » tout comme la famine et les violences en Somalie, a souligné la directrice de l’institut IDMC, Kate Halff.

Fin 2011, cinq pays comptaient plus d’un million de déplacés, le plus grand nombre se trouvant en Colombie (entre 3,9 et 5,3 millions), en Irak (entre 2,3 et 2,6 millions), au Soudan (2,2 millions), en République démocratique du Congo (1,7 million) et en Somalie (1,5 million). La Turquie et le Pakistan suivent de près, avec plus de 900.000 personnes déplacées enregistrés dans chacun de ces deux pays.

Dans de nombreux pays, l'instabilité a perduré malgré la fin des conflits armés, ce qui a forcé des personnes à fuir les actes de violence criminelle. En Colombie, pays du monde qui compte le plus grand nombre de déplacés internes, des réseaux criminels qui étaient parties au conflit national ont été les principales causes de déplacement. Entre 3,9 et 5,3 millions de Colombiens étaient déplacés dans leur propre pays fin 2011. Des groupes armés impliqués dans le trafic de drogue ont été à l'origine du plus grand nombre de nouveaux déplacements massifs.

En Somalie et en Afghanistan, les longs conflits armés ont entraîné une forte augmentation des déplacements internes. En Afghanistan, le nombre de nouveaux déplacements a été 80% plus élevé que l'année précédente alors que les combats se sont propagés vers de nouvelles régions. En Somalie, où 16% de l'ensemble de la population est déplacée à l'intérieur de leur pays, les personnes qui avaient déjà été déplacées par le conflit n'ont pas pu résister aux conséquences de la sécheresse et de la famine qui ont touché la Corne de l'Afrique et nombre d'entre elles sont mortes de faim.

Le rapport salue en revanche la baisse du nombre de déplacés en Afrique, de 11,1 millions à 9,7 millions, grâce au retour de déplacés en Côte d’Ivoire, au Tchad et en Ouganda.

(Interview : Kate Halff, Directrice de l'Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC) ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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