ONU : la flambée des prix des matières premières nuit aux pays pauvres

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Prix élevés et volatils, l'un des principaux facteurs de l'insécurité alimentaire mondialefao-prix-Photo:FAO

Une hausse continue des prix des matières premières et des produits agricoles de base serait plus nuisible que bénéfique pour les pays pauvres alors que les prix élevés des denrées alimentaires et du carburant représentent un plus grand problème que les bénéfices engendrés par la vente de ces produits.

Cela est l’une des quatre conclusions du « Rapport 2012 sur les produits de base et le développement » qui a été présenté lundi lors de la 13ème Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) à Dohan au Qatar.

La conférence, appelée CNUCED XIII, est la première conférence ministérielle sur le commerce et le développement depuis le début de la crise économique mondiale en 2007-2008. L’évènement est organisé une fois tous les quatre ans et le thème cette année est « la mondialisation centrée sur le développement : vers une croissance et un développement durable et inclusif ».

Selon le rapport, la spéculation financière qui prend de l’ampleur et l’utilisation croissante de terres arables pour la production de biocarburants a transformé le rapport de forces qui déterminait jusqu’à présent les prix, ce qui a ouvert la voie à une augmentation soutenue des prix.

Ce qui devrait être une aubaine pour les pays pauvres, particulièrement pour les 48 pays les plus pauvres du monde qui dépendent souvent de la vente des produits d’exportation, est en fait un problème puisque ces pays dépendent aussi souvent d’importations de pétrole et de denrées alimentaires de base.

Depuis la crise alimentaire de 2008, les prix des denrées de base ont été volatiles et élevés note le rapport, et les familles pauvres sont très vulnérables puisqu’elles dépensent en moyenne plus de 50% de leurs revenus pour l’alimentation.

Le rapport recommande notamment des investissements nationaux et régionaux pour constituer des réserves alimentaires afin de soutenir les pays qui font face à une insécurité alimentaire.

La CNUCED XIII a été ouverte officiellement samedi par la Vice-secrétaire générale des Nations Unies, Asha-Rose Migiro, qui a déclaré que le lieu de la conférence était bien choisi puisque le monde arabe traverse « des transformations politiques rapides qui créent des opportunités de création d’emplois et de développement ».

« Les mouvements sociaux dans le monde arabe montrent que le manque d’opportunités économiques et le fait de ne pas avoir une voix politique est intenable, particulièrement parmi les jeunes. Une prise de conscience concernant l’injustice sociale et l’inégalité a aussi entraîné des protestations dans les pays développés », a rappelé Mme Migiro.

La Vice-secrétaire générale a remarqué que la CNUCED XIII était une occasion de répondre à cinq grands défis : l’identification des mesures nécessaires pour relancer la croissance dans l’économie mondiale ; l’examen des causes de la crise et en particulier des causes systémiques, et l’identification des mesures capables de prévenir sa répétition ; l’identification des politiques de commerce et de développement qui soutiennent les efforts pour atténuer les changements climatiques et rendre la mondialisation plus inclusive.

« L’aspect universel de la CNUCED et son mandat large qui couvre le commerce, la finance, les investissements, la technologie et le développement durable, fait de la CNUCED XIII un forum approprié pour identifier le chemin à suivre. Un échec à ce point risquerait de nuire à la confiance et de saper la légitimité de la mondialisation et ses promesses de développement. Les enjeux sont de taille », a souligné Mme Migiro.

Dans son discours à la CNUCED XIII, le Président de l’Assemblée générale de l’ONU, Nassir Abdulaziz Al-Nasser, est revenu dimanche sur le fait que la CNUCED a toujours reflété les préoccupations des pays en développement qui représentent la majorité de l’humanité.

« Je suis ici aujourd’hui pour réaffirmer et renouveler notre engagement commun pour le rôle spécial de la CNUCED, qu’elle doit continuer à jouer pour donner une voix et un soutien aux besoins les plus pressants des nations en développement. Les intérêts des pays les plus développés sont également pris en compte lorsque nous rappelons l’importance de la coopération sud-sud ou triangulaire », a indiqué M. Al-Nasser.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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23/10/2017
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