Humanitaire au Mali : la population du nord fuie vers Bamako

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Plus de 200.000 personnes ont fui depuis janvier leur domicile au Mali

Au Mali, situation humanitaire devient difficile au nord du pays. Selon Badou Traoré, membre du collectif « Cri de cœur pour le nord », Les habitants fuient cette région pour se refugier à Bamako, la capitale.

La dégradation des conditions de sécurité et de la situation humanitaire dans le nord du Mali, isolé depuis que la rébellion touareg alliée à des groupes islamistes, a pris le contrôle de Gao, Kidal et Tombouctou, inquiète la population. Les habitants du Nord tentent de se faire entendre pour que la crise humanitaire et politique soit résolue dans leur région.

Réunis à Bamako le 8 avril, les réfugiés du Nord tirent la sonnette d'alarme. “Aujourd'hui, nous faisons face à un désastre humanitaire parce que notre pays est occupé par des terroristes et des extrémistes islamistes qui ont tué des centaines de nos frères à Gao, Kidal et Tombouctou,” explique leurs representants.”Ils ont violé nos sœurs, ont brûlé les bâtiments administratifs. Ils ont détruit nos villes et ils terrorisent la population. Si ça continue comme ça, on va au devant d'un grand danger dans la région”, ajoutent-ils.

 Les ressortissants du nord du Mali demande la mise en place d'un corridor humanitaire pour aider les Maliens bloqués dans la région alors que les tensions s'exacerbent entre le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), groupe laïc de Touareg séparatistes, et les factions islamistes, dont Ansar Dine, un groupe soupçonné d’être lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Entre la sécheresse, les combats et l'enclavement du Nord, les groupes de défense des droits de l'Homme s’inquiètent de la situation. Amnesty international a demandé la semaine dernière un accès immédiat au Nord.

 ”Toute la nourriture et les médicaments ont été pillés et la plupart du personnel humanitaire est parti”, affirme Gaëtan Mootoo, chercheur pour Amnesty International et spécialiste de l'Afrique de l'Ouest. “Les populations sont menacées par la famine et la pénurie de médicaments, ce qui causerait de graves dégâts, surtout parmi les femmes et les enfants qui sont moins à même de se défendre.”

 Amnesty international estime que plus de 200 000 personnes ont fui le nord du Mali depuis janvier, après la chute de Mouammar Kadhafi en Libye et le retour au pays des mercenaires touareg. Si la plupart des réfugiés ont rejoint le sud du pays, Amnesty international estime qu'environ 100 000 personnes sont parties en Mauritanie, au Niger, en Algérie et au Burkina Faso.

 (Témoignage : Badou Traoré, membre du collectif « Cri de cœur pour le nord » ; propos recueillis par Delphine Bohews Fean d'ONUCI FM)

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17/10/2017
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