Des mers et des côtes plus propres : source de bien-être social et économique

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Un demi-milliard de personnes dépendent de l'industrie de la pêche pour gagner leur vie (Photo : PNUE/Vito Zgonc)

Des mers et des côtes plus propres et mieux gérées contribueraient à stimuler la croissance économique et réduire la pauvreté et la pollution. C'est ce qui ressort d'un récent rapport publié par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) en collaboration avec d'autres organisations, sous le titre « Economie verte dans un monde bleu » qui met en évidence le potentiel social et économique des écosystèmes marins. Le bien-être écologique peut être amélioré grâce à la production d'énergies renouvelables, la promotion de l'écotourisme, la pêche durable, l'utilisation des transports efficaces et la réglementation relative à l'utilisation des engrais. Cela augmente finalement la productivité économique des pays et assure les besoins du présent sans compromettre les générations futures.

En ce qui concerne la demande alimentaire croissante et les générations futures, le Sous-directeur général du Département des pêches et de l'aquaculture de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), M. Arni Mathiesen, a déclaré : « Le potentiel de production alimentaire des océans est en risque, ainsi que les moyens de subsistance de centaines de millions de personnes que dépendent de la pêche et l'aquaculture. Si les tendances actuelles dans l'utilisation non durable des ressources marines ne sont pas inversées, la capacité des océans à fournir de la nourriture pour les générations futures est gravement compromise ».

Le rapport encourage les pays à utiliser le vaste potentiel des écosystèmes marins à travers la mise en œuvre d'une économie verte qui pourrait non seulement réduire la dégradation des océans, mais aussi les niveaux de pauvreté et améliorer les mécanismes actuels de subsistance. À cet égard, le Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur Exécutif du PNUE, M. Achim Steiner a déclaré : « Les océans sont un pilier fondamental pour le développement de nombreux pays et pour combattre la pauvreté, mais un grand pourcentage des services de l'écosystème y compris la sécurité alimentaire et la régulation du climat, sont désormais sous une pression sans précédent ».

Par ailleurs, le rapport présente des recommandations aux pays et se concentre sur six secteurs d'exploitation de l'environnement marin entre lesquels se trouvent : la pêche et l'aquaculture, le transport maritime, les énergies renouvelables, la pollution des océans pour les nutriments, le tourisme côtier et les minéraux de l'eau profonde.

Quant à l'aquaculture, le rapport préconise l'adoption de technologies vertes et des investissements pour réduire la consommation de combustibles fossiles et les émissions de carbone. Il a également souligné l'importance de renforcer les organisations, associations et coopératives de pêche, qu'ils soient régionaux ou nationaux, car elles sont essentielles pour l'utilisation durable et équitable des ressources marines.

Du côté de l'énergie marine renouvelable (vent, vagues et marées), le rapport montre qu'en 2008 ce type de technologie représentait seulement un pour cent du total des énergies renouvelables. Pour cette raison, les recommandations du rapport montrent l'importance de créer des politiques à long terme qui favorisent l'utilisation de cette technologie par des investissements publics, subventions et prêts pour l'innovation et le développement.

Les recommandations visant à réduire la pollution des océans causée par l'excès de nutriments soulèvent la nécessité d'une réglementation plus stricte et l'utilisation d'une approche cyclique dans lequel les nutriments et les déchets utilisés dans l'agriculture et l'industrie sont récupérés.

(Interview : Nicole Franz, experte en pêches à la FAO ; propos recueillis par Camille Grosdidier, La Voix de l'Amérique)

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13/12/2017
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