Conseil de sécurité : renforcer le rôle des femmes dans le maintien de la paix

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Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix (UN Photo/Eskinder Debebe)

Le Conseil de sécurité a tenu ce matin, à New York, un nouveau débat sur les femmes, la paix et la sécurité. Le débat a été fortement axé sur la mise en œuvre de la résolution 1325. Ce texte adopté, en 2000, encourage les États Membres à faciliter la participation équitable des femmes et préconise l’intégration d’une démarche sexo-spécifique dans la prévention des conflits, les négociations de paix ou encore l’aide humanitaire.

Le Conseil a entendu Michele Bachelet, la Directrice de l'ONU-Femmes, puis Hervé Ladsous. Le Secrétaire général adjoint au maintien de la paix, après avoir regretté le manque de progrès en matière de protection, s'est réjoui des avancées obtenues dans les processus électoraux.

Le Secrétaire général adjoint a rappelé que, depuis plus de dix ans, la résolution 1325 a guidé les pas de la communauté internationale pour soutenir les femmes dans les sociétés post-conflit. En 2011, le Département des opérations de maintien de la paix a réalisé une «étude d’impact” sur la mise en œuvre de la résolution 1325 en matière de maintien de la paix. L'étude a montré que les missions de maintien ont connu d’importants progrès dans certains domaines – y compris dans la participation des femmes aux élections et les institutions politiques. Elle a également montré que dans d’autres domaines – y compris la protection – les progrès ont insuffisants.

Hervé Ladsous a fait valoir que les élections offrent la possibilité de faire avancer la résolution 1325 de différentes façons. Elles peuvent, par exemple, recourir à l’utilisation de mesures temporaires spéciales pour accroître les possibilités pour les femmes de gagner une élection; sensibiliser des groupes de femmes, former des femmes candidates; renforcer la sécurité des femmes par la police nationale et permettre de travailler avec les partis politiques pour encourager la participation des femmes. En termes d’assistance électorale, le Département travaille en étroite coordination avec celui des affaires politiques mandaté par l'Assemblée générale à l’échelle du système des Nations Unies pour les activités d’assistance électorale.

Ainsi, avant les élections de 2011, en Haïti, la MINUSTAH a fourni un appui financier et technique pour la révision de la Constitution haïtienne et l'examen d’un amendement visant à inclure des mesures temporaires spéciales pour les femmes. Pour autant, des blocages politiques n'ont pas permis d'élire de nouvelles femmes au Sénat (contre quatre en 2006) et à la chambre basse seulement cinq femmes ont été élues alors que 99 sièges étaient à pourvoir. En RDC, les résultats préliminaires pour les élections législatives de novembre montrent que sur 483 membres élus du Parlement, 47 sont des femmes (9,7%).

La sécurité est un facteur déterminant de la participation des femmes aux élections. Le cas du Libéria met en évidence la nécessité d’aider la police nationale à assurer la sécurité pour permettre aux femmes de participer aux élections. Lors des dernières élections, le nombre de candidatures féminines a diminué, passant de 14,8% à 11%, et le pourcentage de femmes élues à la Chambre des représentants a diminué, passant de 16,6% en 2005 à 11%.

En ce qui concerne le travail avec les partis politiques, l’ONUCI a mis au point des campagnes de sensibilisation avec les partis politiques, dont certains se sont engagés à inscrire plus de femmes dans leurs partis. La représentation des femmes à l’Assemblée nationale a augmenté légèrement, passant de 8% en 2001 à 10,58% en 2012.

S'agissant de la question plus large de la violence sexuelle et de la protection des civils, il est important de rappeler que les gouvernements hôtes sont ultimement responsables de la protection de leur population civile. Les missions de paix ne peuvent pas agir comme un substitut de l’autorité étatique. Il faut donc renforcer les institutions étatiques fragiles afin de faciliter leur capacité à mieux protéger les civils. « Nous devons aussi être prêts à protéger les civils directement, » a déclaré Hervé Ladsous.

« Nous pouvons le faire en soutenant la sélection et la formation des institutions nationales de sécurité, en veillant à ce que les femmes deviennent une partie intégrante de ces institutions dans les fonctions de haut rang, opérationnelles et de prise de décision, » a-t-il ajouté.

(Extrait sonore : Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix)

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11/12/2017
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