Syrie : la Commission d'enquête internationale évoque une situation « désespérée » des civils

Écouter /

Paulo Sergio Pinheiro, Président de la Commission d'enquête internationale sur la Syrie

La situation désespérée des civils en Syrie représente une urgence absolue, a estimé ce lundi le Président de la commission d’enquête internationale sur la Syrie. Présentant son rapport devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, Paulo Pinheiro a indiqué que l’intensification du conflit armé a accru les souffrances, avec un assombrissement de a situation humanitaire et celle des droits de l’homme. Depuis mars 2011, a-t-il insisté, plus de 70 000 personnes ont été contraintes à des déplacements internes, des milliers d'autres ayant trouvé refuge dans les pays voisins – Liban, Jordanie et Turquie.

« Les communautés syriennes vivent aujourd'hui dans le désespoir. Elles nous demandent quand prendra fin cette escalade de la violence? Comment arrêter cette effusion de sang en Syrie? »  Des questions posées par le Président de la Commission d'enquête internationale indépendante sur la Syrie, comme pour rappeler l'impuissance de la communauté internationale. Paulo Sergio Pinheiro n'a pas donné les réponses même s'il admet que la militarisation et la fourniture d'armes ne sont pas des solutions à la crise syrienne.

Il est clair que les civils sont les premières victimes de la violence, a poursuivi le Président de la Commission d’enquête.  Plus de 500 enfants ont péri depuis mars 2011 et le bilan ne cesse de s'alourdir; certains ont été délibérément pris pour cibles par des tireurs embusqués, d'autres meurent dans des bombardements aveugles, a précisé M. Pinheiro.  En ce moment même, d'autres enfants sont torturés, emprisonnés, traités comme des adultes.

Il a rappelé que les troubles ont commencé par des manifestations pacifiques qui ont été réprimées par la force.  Les militants anti-gouvernementaux ont eux aussi commis des violations des droits de l'homme, encore que dans des proportions bien moindres que les forces gouvernementales, vu les moyens disponibles de part et d'autre, a-t-il poursuivi. Dans ces conditions, Paulo Sergio Pinheiro juge indispensable de briser le cycle de la violence afin d'éviter que la situation ne dégénère en guerre civile.

Par ailleurs, Paulo Sergio Pinheiro a rappelé que l’accès humanitaire sans entrave doit être accordé comme une règle générale et non comme une exception. « Du temps a été perdu et des occasions manquées pour aider ceux qui sont dans le besoin, en raison de l’attitude du gouvernement. Beaucoup sont morts en l’absence de traitement médical approprié et de fournitures essentielles », a-t-il fait valoir.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Paulo Sergio Pinheiro, Président de la commission d’enquête internationale sur la Syrie)

Classé sous L'info.
LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
15/12/2017
Loading the player ...