Soudan du Sud : l'ONU appelle à mettre fin à la violence entre tribus

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La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a condamné mardi des attaques commises le 9 mars par des personnes armées non identifiées visant du bétail appartenant à la communauté Lou Nuer et ayant fait plusieurs dizaines de blessés dans une région frontalière entre le Soudan du Sud et l’Ethiopie.

Depuis plusieurs années, dans l’Etat de Jonglei, les membres des tribus Murle et Lou Nuer participent à des attaques et des contre-attaques meurtrières pour du bétail, des pâturages et des points de distribution d’eau. Des affrontements entre les deux tribus en décembre et janvier ont affecté environ 120.000 personnes dans le Jonglei.

S’agissant des attaques du 9 mars, la MINUSS a dépêché des patrouilles sur les lieux avec des équipes médicales pour soigner les blessés. Selon les informations données par les autorités locales, la plupart du bétail visé se trouvait du côté éthiopien de la frontière. 63 blessés ont été soignés à l’hôpital d’Akobo, mais le nombre exact de morts et de blessés reste à déterminer.

« La MINUSS condamne ces attaques et appelle toutes les communautés dans le Jonglei à faire preuve de retenue et à mettre fin à la violence intercommunautaire qui a déjà causé des souffrances immenses et des pertes en vies humaines inacceptables », a dit la Mission dans une déclaration à la presse.

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies au Soudan du Sud, Hilde Johnson, a exhorté les communautés à coopérer et à assurer qu’un processus de désarmement volontaire soit mis en œuvre. Le gouvernement du Soudan du Sud a formé un comité pour la paix chargé de faire avancer la paix et la réconciliation entre les communautés.

De son côté le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est dit préoccupé par la possibilité d’un nouveau déplacement forcé de population.

« Des milliers de membres de la tribu Lou Nuer du Soudan du Sud sont arrivés dans l’ouest de l’Ethiopie en quête d’un refuge. La plupart sont des femmes, des enfants et des personnes âgées, qui avaient fui le comté d’Akobo dans l’Etat de Jonglei après les affrontements survenus en début d’année », a dit un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d’une conférence de presse à Genève.

Selon le HCR, environ 15.000 personnes sont entrées en Ethiopie depuis la mi-février. Elles citent les affrontements avec les membres de la tribu rivale Murle et la crainte d’attaques de représailles comme principaux motifs à leur exil.

En Ethiopie, les nouveaux arrivants se sont installés à la périphérie de la ville frontalière de Matar dans la région de Gambella, à environ 500 kilomètres à l’ouest de la capitale Addis Abeba. La plupart d’entre eux vivent dans des abris de fortune, selon une équipe conjointe du HCR et d’agences partenaires qui s’est rendue dans la zone deux fois avec les autorités éthiopiennes.

Les communautés locales à Matar partagent leurs maigres ressources avec les nouveaux arrivants, y compris l’eau et la nourriture. L’afflux porte une pression supplémentaire sur les équipements sanitaires et de distribution d’eau qui sont utilisés au-delà de leur capacité. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a élargi la distribution de vivres dans cette zone pour les deux communautés.

« Le HCR appuie les autorités éthiopiennes pour établir un centre de réception près de Matar, où les nouveaux arrivants sont interviewés par l’agence éthiopienne pour les réfugiés (ARRA) avant d’être transférés au camp de réfugiés de Fugnido, à environ 110 kilomètres de Gambella. Nous avons déjà transféré 1300 nouveaux arrivants dans le camp, où ils sont enregistrés en tant que demandeurs d’asile et reçoivent des cartes de ration alimentaire », a dit le porte-parole de l’agence onusienne.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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08/12/2017
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