Protocole : Desmond Parker fait ses adieux à l'ONU

Écouter /

Desmond Parker (à gauche), ancien Chef du Protocole de l'ONU, en compagnie du Président américain Barack Obama (UN Photo/Mark Garten)

Après 16 ans de bons et loyaux services dans l'Organisation, Desmond Parker, le chef du Protocole de l'ONU, prend sa retraite. « Il n'y a rien qui ressemble à ce travail, et je suis extrêmement honoré et privilégié d'avoir eu cette expérience », estime Desmond Parker.

Avec ses onze autres collègues, sa petite « bande de guerriers » se surpasse chaque jour, en soutenant les besoins protocolaires du Secrétaire général, du président de l'Assemblée générale, de la Vice-Secrétaire générale, des Secrétaires généraux adjoints et Sous-Secrétaires généraux et de tous les bureaux et agences du Système des Nations Unies.

« Lorsque l'Organisation a été créée, le bureau du Protocole comportait douze membres. Depuis, de nouveaux départements ont été ajoutés à l'Organisation et d'autres ont vu leur personnel multiplié par 100, notre équipe reste la même et continue d'offrir un service extraordinaire à l'Organisation et aux Etats Membres », indique Desmond Parker. « Mon vœu en partant serait que le bureau reçoive davantage de personnel. Il est poussé à l'extrême alors que l'Organisation est passée de 55 à 193 Etats Membres ».

Chaque fonctionnaire se voit assigner 40 Etats Membres et 15 Observateurs, et le bureau a la responsabilité de savoir où sont ces diplomates et leurs mouvements tant qu'ils sont assignés dans le pays hôte. Et pourtant l'équipe a fonctionné de façon impeccable y compris dans des situations très délicates comme lors de changements de gouvernements.

Desmond Parker attribue l'efficacité de son personnel à la vaste mémoire institutionnelle récoltée par le Bureau. « La mémoire collective de ce bureau devrait vraiment être documentée et incorporée et dans un manuel ». “Mon autre vœu serait que mon personnel puisse avoir le temps de participer à des cours de développement professionnel, de recherche et de développement pour l'Organisation. « Il existe un vide en ce qui concerne la question protocolaire dans les milieux internationaux », a-t-il dit. Cette année, quatre experts du protocole ont pris leur retraite de l'Organisation.

Desmond Parker a commencé sa carrière en tant que professeur de français après avoir étudié le français et l'espagnol à l'Université de Toronto, une des universités les plus prestigieuses du Canada. « J'ai de très bons souvenirs du Canada », a dit Desmond Parker. « J'ai été l'un des premiers étudiants de Trinité et Tobago à avoir été à l'Université de Toronto Mississauga (UTM). J'ai habité avec une famille qui m'a littéralement adoptée et j'ai encore des liens étroits avec eux ».

Après avoir obtenu des diplômes de troisième cycle en éducation et en français, Desmond Parker a enseigné le français au Nigéria, au département de français de l'Université Ahmadu Bello – où il a croisé Ibrahim Gambari qui enseignait au Département des affaires politiques de la même université, sans savoir qu'ils se rencontreraient plus tard à nouveau aux Nations Unies.

Après avoir enseigné pendant plusieurs années, Desmond Parker est rentré dans son pays, Trinité et Tobago où il a rejoint les affaires étrangères. En poste à Washington, il a été recruté en tant que responsable des droits de l'homme dans la mission conjointe ONU/OEA en Haïti. Cette expérience le conduisit à travailler aussi pour la Mission d'observation des Nations Unies au Libéria (MINUL) durant six ans.

Lorsque Charles Taylor fut élu président, Desmond Parker resta avec le Bureau de consolidation de la paix de l'ONU (UNOL) jusqu'en 2002, après quoi il vint à New York pour rejoindre le Département des opérations de maintien de la paix. Il travailla à la Division de l'appui logistique, à la Division de l'appui administratif et en tant que Coordonnateur des politiques au bureau de la Sous-Secrétaire générale Jane Holl Lute et fut ensuite nommé Responsable adjoint du Protocole en 2007, puis chef du Protocole en 2010.

Interrogé sur ses perspectives de retraite, Desmond Parker déclare apprécier cette nouvelle étape de sa vie, et espère continuer à contribuer à l'humanité. On prend ça pour acquis – le fait de se lever et de venir travailler aux Nations Unies tous les jours. Pour moi c'est le centre de mon existence ces 16 dernières années. « J'ai suivi les traces de grands chefs du Protocole – Ali Teymour, Benita Ferrero-Waldner, Nadia Younes, Aminata Djermakoye et Alice Hecht – c'est un privilège d'avoir été prié de servir à ce poste par le Secrétaire général et j'espère ne pas avoir déçu l'Organisation ».

(Interview : Desmond Parker, chef du Service du protocole et de la liaison; propos recueillis par Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...