Niger/crise alimentaire : mieux vaut prévenir que guérir

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Une grand-mère Peul et sa petite fille attendent de la nourriture

Les agences humanitaires et la coordination humanitaire de l'ONU au Niger tirent cette semaine la sonnette d'alarme, en avertissant que la crise alimentaire dans ce pays risque de s'aggraver et de se transformer en urgence, si les réponses en cours ne sont pas renforcées de façon cohérente et rapide.

Dans un communiqué les acteurs humanitaires signalent que, d'après le Système d'Alerte Précoce (SAP) national, plus de 6 millions de Nigériens ont besoin d'une assistance immédiate. La dégradation de la situation serait, selon les humanitaires, due à la combinaison d'un ensemble de facteurs, dont les déficits agricole et fourrager de la saison dernière, la flambée des prix des denrées alimentaires de base, la baisse de la valeur du bétail et les niveaux élevés d'endettement des ménages suite aux crises précédentes, a considérablement affaibli les revenus et l'accès à la nourriture de nombreuses familles à travers le pays. De plus, l'afflux de plus de 30.000 personnes fuyant le conflit au Mali vient se rajouter à une situation déjà difficile.

Face à l'épuisement précoce des stocks de nourriture et à la faim, les familles sont contraintes d'adapter leurs comportements alimentaires et économiques, notamment en réduisant le nombre de repas journaliers, en vendant des biens de production, voire en migrant vers les zones urbaines ou les pays voisins.

Les humanitaires soulignent que la prévention coûte moins cher que la guérison. L'expérience de la crise de 2005 a démontré qu'un dollar investi dans la réduction des risques pouvait suffire à empêcher un enfant de tomber dans la malnutrition, alors que le coût effectif du traitement est de 80 dollars.

Les acteurs humanitaires appellent au financement du plan de réponse déjà élaboré par le gouvernement, qui comprend des ventes de céréales à prix modérés et des activités de soutien et de réhabilitation des moyens de subsistance du type argent/vivres contre travail. Le plan prévoit également : une assistance alimentaire ciblée ; des distributions de semences et d'aliments pour bétail ; des activités d'appui aux banques céréalières et aux ménages pastoraux ; la prévention et la prise en charge de la malnutrition et des complications médicales y associées ainsi que la promotion de l'accès à l'eau et à l'assainissement.

A ce jour, l'Appel global des acteurs humanitaires d'un montant initial de 229 millions de dollars n'est financé qu'à 30%.

(Interview : Gaëlle Bausson, porte-parole d'Oxfam au Niger ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

LE DERNIER JOURNAL
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17/10/2017
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