Niger : six millions de personnes ont faim

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Un enfant malnutri est évalué (Photo : OXFAM)

Les agences humanitaires et la coordination humanitaire de l'ONU au Niger tirent la sonnette d'alarme en ce début de semaine, en avertissant que la crise alimentaire dans ce pays risque de s'aggraver et de se transformer en urgence, si les réponses en cours ne sont pas renforcées de façon cohérente et rapide.

Dans un communiqué les acteurs humanitaires signalent que, plus de six millions de Nigériens ont besoin d'une assistance immédiate, d'après le Système d'Alerte Précoce (SAP) national. La dégradation de la situation serait, selon les humanitaires, due à la combinaison d'un ensemble de facteurs, dont les déficits agricole et fourrager de la saison dernière, la flambée des prix des denrées alimentaires de base, la baisse de la valeur du bétail et les niveaux élevés d'endettement des ménages suite aux crises précédentes. Une situation qui a considérablement affaibli les revenus et l'accès à la nourriture de nombreuses familles à travers le pays. Pour ces personnes, la période de soudure a déjà commencé: elles n'ont plus de réserves alimentaires jusqu'à la prochaine récolte prévue en octobre.

Face à l'épuisement précoce des stocks de nourriture et à la faim, les familles sont contraintes d'adapter leurs comportements alimentaires et économiques, notamment en réduisant le nombre de repas journaliers, en vendant des biens de production, voire en migrant vers les zones urbaines ou les pays voisins.

Dans certaines communautés près de 40% des ménages ont migré à la recherche de nourriture ou de moyens de subsistance, en particulier en direction des zones urbaines. A travers le pays, plus de 33.000 enfants ont déjà été retirés de l'école à cause de la migration de leurs parents ou pour participer à la recherche de moyens de subsistance. Plus d'un demi-million d'enfants risquent l'abandon scolaire du fait de la crise alimentaire et nutritionnelle.

Les humanitaires soulignent que la prévention coûte moins cher que le traitement. L'expérience de la crise de 2005 a démontré qu'un dollar investi dans la réduction des risques pouvait suffire à empêcher un enfant de tomber dans la malnutrition, alors que le coût effectif du traitement est de 80 dollars.

Les acteurs humanitaires appellent au financement du plan de réponse déjà élaboré par le gouvernement, qui comprend des ventes de céréales à prix modérés et des activités de soutien et de réhabilitation des moyens de subsistance du type argent/vivres contre travail. Le plan prévoit également : une assistance alimentaire ciblée ; des distributions de semences et d'aliments pour bétail ; des activités d'appui aux banques céréalières et aux ménages pastoraux ; la prévention et la prise en charge de la malnutrition et des complications médicales y associées ainsi que la promotion de l'accès à l'eau et à l'assainissement.

A ce jour, l'Appel global des acteurs humanitaires d'un montant initial de 229 millions de dollars n'est financé qu'à 30%.

(Extrait sonore : Gaëlle Bausson, porte-parole d'Oxfam au Niger ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

Écoutez la version intégrale de l'entrevue avec Gaëlle Bausson, porte-parole d'Oxfam au Niger. Écouter /
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16/10/2017
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