Mali: plus de 172.000 déplacés et réfugiés par les combats dans le Nord

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Plus de 172.000 personnes ont fui les combats qui opposent depuis mi-janvier dans le nord du Mali des rebelles touareg et des militaires maliens. Selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (Ocha), il s'agit de 82.000 déplacés internes et plus de 90.000 qui se sont réfugiés pour l’essentiel en Mauritanie, au Burkina Faso et au Niger.

OCHA note que le conflit malien risque aussi de renforcer la crise alimentaire dans la mesure où l'essentiel des personnes arrivées dans ces pays sahéliens – certaines sont en fait des ressortissants de ces pays installés de longue date au Mali – ont franchi la frontière dans des zones particulièrement démunies et menacées par l'insécurité alimentaire.

Dans son dernier bulletin d’information, OCHA note que « la prise en charge des réfugiés se met en place, avec la création de camps chargés de les accueillir à long terme » en collaboration avec les pays d’accueil, des agences de l’ONU et des organisations humanitaires.

« L’accès humanitaire ne semblait pas, début mars, être particulièrement entravé du fait des combats entre l’armée et les rebelles du MNLA, mais c’est la présence d’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et des groupes criminels qui réduit l’accès des acteurs humanitaires », affirme Ocha dans son bulletin daté du 8 mars 2012. Toutefois, les ONG présentes sur place avant le début du conflit avaient repris leurs activités dans le nord du Mali, ajoute Ocha, s’inquiétant des conséquences de ce conflit pour le Sahel, région déjà en proie à une crise alimentaire et nutritionnelle.

« D’une part, les personnes déplacées sont par essence vulnérables et souvent très démunies » et « d’autre part, dans les trois principaux pays de destination, les réfugiés arrivent dans des régions qui figuraient déjà parmi les plus exposées à l’insécurité alimentaire. Ils viennent donc accroître la pression sur les maigres ressources locales ».

En outre, le 2 mars, la Coordinatrice des Secours d'urgence a approuvé le versement par le CERF de 2,6 millions de dollars au PAM pour son programme d'assistance aux populations affectées par la sécheresse au Mali. Depuis la fin novembre 2011, le CERF a déjà alloué 23.5 millions de dollars au titre de cette crise. Par ailleurs, le CERF a accordé un million de dollars au PAM au titre des vols humanitaires au Mali, en relation tant avec la crise alimentaire qu'avec celle des déplacés internes dus au conflit.

Deux responsables d’agences de l’ONU, Valérie Amos et Helen Clark, qui se sont rendues au Niger mi-février, ont appelé à ne pas laisser les efforts en faveur des déplacés occulter ceux nécessaires contre la crise alimentaire, d’après le bulletin d’Ocha. Les deux responsables ont « plaidé pour une réponse à la crise alimentaire aiguë de cette année qui permette de renforcer les moyens de subsistance des populations et de lutter contre l’insécurité alimentaire à plus long terme. Il ne faudrait pas que l’urgence humanitaire que représente l’arrivée des réfugiés” du conflit malien “reporte une nouvelle fois les tentatives d’établir un lien entre la réponse humanitaire et le développement, seul moyen de rompre le cycle des crises alimentaires récurrentes au Sahel ».

Le Mali est confronté depuis le 17 janvier à des attaques de rebelles touareg contre plusieurs localités et cibles de l’armée dans sa partie Nord. Les assauts sont menés par des hommes du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et d’autres rebelles. Dans le même temps, plusieurs pays sahéliens sont menacés de famine en 2012 en raison de faibles pluies, de mauvaises récoltes et de la cherté des vivres, d’après plusieurs organisations dont l’ONU, qui ont appelé à des aides et mesures urgentes pour éviter la catastrophe.

(Extrait sonore : Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires)

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14/12/2017
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