Lutte contre le sida : Navi Pillay demande de combattre les nouvelles formes de discrimination

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La protection des droits de l'homme dans le contexte du VIH/sida a été le thème d'un panel du Conseil des droits de l'homme. Une rencontre destinée à faire entendre la voix des personnes vivant avec ou touchées par le VIH/sida, en particulier des jeunes, des femmes et des orphelins. Lors de ce débat, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a plaidé non seulement pour l'élimination de tous les décès dus au sida mais aussi toutes les manifestations de discrimination contre ses victimes.

Navi Pillay a rappelé que la découverte du VIH/sida il y a une trentaine d'années s'était accompagnée de la crainte d'une infection par le simple toucher ou par l'air, suite à quoi des enfants ont été rejetés des écoles, des travailleurs expulsés de leur emploi et des veuves expulsées de leur domicile. Autant de personnes victimes d'ostracisme et de stigmatisation.

Trente ans plus tard, de grands progrès ont été accomplis, notamment concernant les nouvelles infections à VIH et les décès dus au sida.  Près de 14 millions de personnes ont accès à des traitements leur ayant sauvé la vie.

Analysant ce changement, Navi Pillay pense qu'il est dû d'abord à l'action des personnes vivant avec le sida, de la société civile, des défenseurs des droits de l'homme et des militants antisida. C'est grâce à leur action que le VIH/sida est désormais perçu comme beaucoup plus qu'une maladie. Navi Pillay ajoute que ces militants ont permis de placer les droits de l'homme au cœur des réactions efficaces contre la maladie.

Pourtant, la Chef des droits de l'homme note que la communauté internationale doit continuer d'agir pour pérenniser les succès obtenus et éliminer non seulement tous les décès dus au sida mais aussi toutes les manifestations de discrimination contre ses victimes. Le point de départ doit être la reconnaissance du droit de toutes les personnes de jouir de leurs droits humains. Les travailleurs du sexe, les homosexuels, les transgenres, les usagers de drogues, les détenus, les migrants, les pauvres, les personnes handicapées, les jeunes femmes et les filles ne doivent pas seulement êtres inclus dans les politiques nationales contre le VIH: tous doivent participer aux décisions et choix politiques qui les concernent.

Cette approche droits de l'homme de la lutte contre la VIH implique aussi que les lois et pratiques n'aggravent pas la vulnérabilité face au VIH ou n'entraînent de violations des droits de l'homme des personnes vivant avec le sida. En conclusion, Navi Pillay a qualifié le financement de « très problématique », non sans rappeler qu'il n'est pas seulement nécessaire mais d'une obligation au titre des droits de l'homme.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme)

LE DERNIER JOURNAL
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15/12/2017
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