Guinée Bissau : prospectives au lendemain du premier tour

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Les Bissau-Guinéens étaient appelés aux urnes le 18 mars. Une élection dans le calme pour le premier tour d'une présidentielle anticipée opposant neuf candidats pour succéder à Malam Bacaï Sanha décédé en janvier 2012. Le scrutin est considéré comme un test important pour ce pays d'un peu plus d'un million et demi d'habitants dont l'histoire a été marquée par des coups de force militaires et des violences depuis son indépendance en 1974. Le second tour, s'il doit y en avoir un, devrait se tenir entre le 22 et le 29 avril. Vladmir Montero, du Bureau de l'ONU sur place, note une très faible participation aux urnes.

La Commission nationale des élections a affirmé dans l'après midi de dimanche ne rien avoir remarqué d'irrégulier, que ce soit dans la capitale et en province, selon son vice-président, Orlando Veigas. Même constat des observateurs britanniques déployés dans six des neuf régions du pays, qui n'ont pas non plus noté d'incidents.

Une journée calme donc pour ce premier tour mais peu d'affluence le matin dans les bureaux de vote. Un peu plus dans l'après-midi. En tout ce sont près de 600 000 électeurs qui étaient appelés aux urnes. Les neuf candidats ont bien entendu accompli leur devoir de citoyen. Juste après avoir voté, l'ancien Premier ministre Carlos Gomes Junior, qui est l'un des favoris, s'est dit « sûr de gagner » tout comme l'un de ses compétiteurs, le député Serifo Nhamadjo. L'ancien chef de l'Etat, Kumba Yala, a voté en province.

Quant à l'ancien président par intérim Henrique Rosa, il a pour sa part, dénoncé des « indices de fraudes », sans toutefois en dire plus. Les premières tendances sont attendues dans quatre à cinq jours.

L'insurrection de 1998, le putsch de 2003, l'assassinat de Vieira en 2009 ont montré, à chaque fois, que l'implication de certains segments de l'armée renverse le jeu. Garder le pouvoir à Bissau signifie pactiser avec l'état-major. Ces relations ont engendré un système politique hybride où, bien que l'on vote dans des conditions acceptables, l'armée intervient régulièrement pour rectifier le tir, soit à la demande de la classe dirigeante, soit de sa propre initiative.

La Guinée-Bissau est, par ailleurs, considérée comme un important point de transit du trafic de cocaïne de l'Amérique du Sud vers l'Europe.

Pour ce scrutin ; les Nations Unies espèrent une pleine collaboration des acteurs politiques et militaires pour aider ce pays à sortir de l'impasse. Selon Vladimir Montero, chargé d'information au Bureau politique des Nations Unies en Guinée Bissau, il existe une volonté affichée des acteurs de mener à bien ce scrutin présidentiel.

(Extrait sonore : Valdimir Montero, Chargé d'information, Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau; propos recueillis par Maha Fayek

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20/10/2017
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