Conseil des droits de l'homme : Les enfants vulnérables lors des crises humanitaires

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Les catastrophes naturelles affectent des millions d'enfants chaque année à travers le monde-Photo:UNICEF

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a examiné, ce mercredi 7 mars à Genève, une étude thématique de la protection des enfants contre la vente et l'exploitation sexuelle dans les situations de crise humanitaire résultant de catastrophes naturelles. La Rapporteuse spéciale sur la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie impliquant des enfants explore les incidences des crises humanitaires, en particulier des catastrophes naturelles, sur la vulnérabilité des enfants à la vente et à d'autres formes d'exploitation.

Le rapport de Najat Maalla M'jid décrit les obligations et les responsabilités des États et de toutes les autres parties concernées. Il contient des recommandations tendant à élaborer, renforcer et mettre en œuvre des mesures coordonnées visant à protéger efficacement les enfants, notamment par une action dans les domaines de la prévention, de l'atténuation des risques, de la préparation, de l'intervention en cas de catastrophe et de la reconstruction.

Le rapport souligne que les enfants sont particulièrement vulnérables aux catastrophes naturelles en raison de leurs caractéristiques physiques et psychosociales. Cette vulnérabilité augmente lorsqu'ils sont séparés de leur famille, non accompagnés, orphelins, déplacés ou «disparus» et qu'ils ne reçoivent pas des soins, une protection et un appui appropriés et ne bénéficient pas de mesures de réadaptation adéquates.

Lors d'une catastrophe naturelle, la vulnérabilité des enfants à la vente et aux autres formes d'exploitation augmente. Certaines personnes tirent parti de la situation chaotique que créent les catastrophes naturelles en se livrant à des activités criminelles, comme la vente d'enfants destinés à l'adoption illégale, au travail forcé ou à l'exploitation sexuelle.

Concernant le problème de l'adoption internationale, le rapport note que dans toute crise humanitaire, les États, les organisations internationales humanitaires et les organisations de la société civile s'efforcent de protéger les enfants en les évacuant des zones touchées. Les enfants victimes sont fréquemment considérés à tort comme des orphelins et enlevés à leur famille et à leur communauté pour être placés dans des orphelinats ou dans de nouvelles familles. Cette «générosité mal inspirée» peut accroître considérablement les torts causés à court et à long terme aux enfants et aux familles qui souffrent des conséquences d'une catastrophe naturelle.

Par exemple, après le tremblement de terre en Haïti, de nombreux pays d'accueil ont cédé à la pression interne et «accéléré» le déplacement d'enfants (âgés de 3 mois à 18 ans) en vue de leur adoption sur la base de critères improvisés. Il a également été noté que le départ rapide d'enfants haïtiens sans décision judiciaire était injustifié; certains de ces enfants faisaient l'objet d'une procédure d'adoption avant le tremblement de terre.

Dans ces recommandations, le rapport souligne l'importance de la protection qui doit être délibérément intégrée dans l'élaboration et la mise en œuvre des programmes d'assistance et une attention particulière doit être accordée aux politiques, aux menaces et aux risques, aux ressources communautaires, aux pratiques, au renforcement des capacités et aux activités de surveillance et de suivi. Tout le personnel déployable et le personnel sur le terrain, y compris les coordonnateurs résidents des Nations Unies, devraient recevoir une formation complète sur la protection de l'enfance dans le contexte des catastrophes naturelles.

(Interview : Najat Maalla M'jid, Rapporteuse spéciale sur la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie impliquant des enfants ; Propos recueillis par Alpha Diallo)

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08/12/2017
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