Conseil des droits de l'homme : homophobie et transphobie au cœur d'un débat à Genève

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Une militante des droits LGBT à Calcutta, en Inde (AP)

Le Conseil des droits de l'homme a tenu, ce mercredi 7 mars, une réunion-débat sur les lois et pratiques discriminatoires ainsi que sur les actes de violence commis contre des personnes en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre. Dans un message vidéo, le Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé que les homosexuels sont torturés, emprisonnés et tués.

De son côté, la Chef des droits de l'homme de l'ONU a rappelé que les violations des droits de l'homme des personnes sur la base de leur orientation ou de leur identité de genre se produisent partout dans le monde. Certains États offrent des dispositifs de protection mais, trop souvent, les acteurs sur le terrain, comme les forces de police, ne sont pas formés pour aborder ces questions. Parfois aussi, les victimes n'osent pas porter plainte. Lorsqu'il s'agit de violence systématique, le Conseil a le droit de réagir, a ajouté Navi Pillay.

Dans son rapport, la Haut Commissaire aux droits de l'homme rappelle le quotidien des personnes homosexuelles, bisexuelles ou transgenres dans le monde : meurtres, viols, agressions physiques, actes de torture, détentions arbitraires, discrimination dans les domaines de l'emploi, de la santé et de l'éducation. Ce sont des violations commises et ces actes de violence homophobe et transphobe sont enregistrés dans toutes les régions du monde. Dans de nombreux cas, le seul fait qu'une personne soit perçue comme homosexuelle ou transgenre suffit à la mettre en danger, selon Navi Pillay.

Toutefois dans un message vidéo, Ban Ki Moon s'est fermement opposé à la subordination de l'aide au développement par la reconnaissance des pays des droits des homosexuels. Le Chef de l'ONU plaide en revanche pour la dépénalisation des rapports sexuels consensuels entre personnes du même sexe, mais aussi pour interdire la discrimination et éduquer le public.

Mais ce débat n'est pas du goût du Pakistan, au nom de l'Organisation de la Conférence islamique, et de la Mauritanie, au nom du Groupe arabe. Ils ont condamné la tenue de ce panel sur l'homosexualité et considéré qu'il fallait privilégier le respect de l'institution du mariage et de la famille.

Le rapport de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme sur les « Lois et pratiques discriminatoires et actes de violence dont sont victimes des personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre » note que depuis 1999, le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires évoque régulièrement des personnes menacées de mort ou tuées à cause de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Il a cet égard rappelé le meurtre d'au moins 31 personnes homosexuelles, bisexuelles ou transgenres au Honduras en dix-huit mois, et en particulier sur le meurtre d'une personne transgenre retrouvée morte dans un fossé, violée, défigurée à coups de pierres, le corps brûlé et portant des traces de coups.

Le projet Trans Murder Monitoring, qui recueille les signalements de meurtres de personnes transgenres dans toutes les régions du monde, a relevé 680 meurtres commis dans 50 pays entre 2008 et 2011. La Commission africaine des droits de l'homme et des peuples a constaté une aggravation brutale de l'intolérance à l'égard des minorités sexuelles au Cameroun et la Commission interaméricaine des droits de l'homme a fait part à de nombreuses reprises des mêmes préoccupations concernant l'Amérique latine et les Caraïbes.

En outre, la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes a appelé l'attention sur le meurtre de lesbiennes en Afrique du Sud, notamment sur une affaire dans laquelle deux lesbiennes ont été battues et lapidées et l'une a été tuée à coups de couteau.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Ban Ki Moon, Secrétaire général de l'ONU)

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13/12/2017
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