Conseil des droits de l'homme : adoption d'une résolution appelant le Sri Lanka à enquêter sur le conflit

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Des Sri Lankais déplacés par le conflit.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté, jeudi à Genève, une résolution exhortant le Sri Lanka à poursuivre les auteurs présumés de violations graves lors du conflit contre les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) qui s’est achevé en mai 2009. La résolution présentée par les Etats-Unis exhorte Colombo à juger les responsables. Le texte, qui a été adoptée par 24 voix pour, 15 contre et 8 abstentions, encourage le Sri Lanka à présenter dans les meilleurs délais un « plan d’action global » sur le sujet.

La résolution demande en outre au Sri Lanka d’accélérer ses efforts de réconciliation nationale.

Ce vote fait suite à un rapport publié en 2011 par des enquêteurs de l’ONU accusant le gouvernement sri-lankais d’avoir causé des « dizaines de milliers de morts » lors de l’offensive finale des troupes gouvernementales au moment du conflit armé contre les Tigres tamouls. Le rapport relève également les violations des droits de l’homme du côté des rebelles, notamment l’utilisation comme boucliers humains de civils, pris pour cible s’ils tentaient de s’enfuir.

La résolution reconnaît les « recommandations constructives » du rapport établi par une commission sri-lankaise mais note « que le rapport ne traite pas comme il convient des allégations graves de violations du droit international ». C'est pourquoi, le Conseil des droits de l'homme prie Colombo de présenter « dans les meilleurs délais, un plan d’action global » pour juger les responsables présumés de crimes de guerre. Enfin, le Conseil engage le Gouvernement sri-lankais à les accepter et prie le Haut Commissariat de présenter un rapport sur cette assistance au Conseil à sa session de mars 2013.

Présentant la résolution, l’Ambassadrice américaine Eileen Chamberlain Donahue a estimé que le texte était « modéré et équilibré », expliquant qu’il était destiné à aider le pays à « atteindre une paix équitable marquée par l’égalité, la dignité, la justice et le respect de soi ». « Cela fait presque trois ans que le long et douloureux conflit du Sri Lanka s’est terminé. Pendant ces trois années les Sri-lankais ont eu le temps et l’espace nécessaires pour définir leur feuille de route », fait remarquer la diplomate américaine.  L’Ambassadrice Eileen Chamberlain Donahue a déploré l’absence de mesures destinées à rendre des comptes dans le rapport de la commission nationale.

L’Inde a également apporté son soutien à la résolution. Mais plusieurs pays ont en revanche pris la parole pour exprimer leur opposition à la proposition américaine, dont la Thaïlande, la Russie, la Chine et l’Indonésie.

Pour sa part, l’Envoyé spécial du Président de Sri Lanka pour les droits de l’homme, Mahinda Samarasinghe, a jugé qu’il s’agissait d’une « résolution qui s’attarde sur le passé » et que son gouvernement n’avait pas eu le temps de mettre en oeuvre les recommandations de la commission nationale. « La situation au Sri Lanka ne justifie pas les critiques contenues dans cette résolution. Cela fait à peine trois mois que le rapport de la commission nationale « a été présenté », a-t-il dit.

Les Nations unies estiment qu’au moins 7 000 civils tamouls ont été tués au cours des derniers mois du conflit. Selon l’ONU, entre 80.000 et 100 000 Sri Lankais sont morts au cours de ce conflit entre 1972 et 2009.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève)

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20/10/2017
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