Conseil de sécurité : le printemps arabe et la Syrie au menu des débats

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Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et le Secrétaire d'État britannique et du Commonwealth et Président du Conseil de sécurité pour le mois de mars, William Hague

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a tenu une réunion ministérielle de haut niveau consacrée au printemps arabe, en présence du ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, du Russe Sergei Lavrov, du Secrétaire d'État britannique et du Commonwealth, William Hague et de la Secrétaire d'État américaine Hillary Clinton. La situation en Syrie a occupé la part du lion dans les discours des différents intervenants, qui en dépit de leurs différences, semblent s'orienter vers une position unifiée autour des solutions proposées par Kofi Annan, visant à mettre fin au bain de sang en Syrie.

Les discours des intervenants au Conseil de sécurité sont orchestrés autour du printemps arabe et de la Syrie.

Au chapitre du printemps arabe, les discours sont marqués par les analyses et les bilans historiques des uns et des autres, la plupart d'entre eux rendant hommage au courage de ceux qui ont bravé l'oppression.

Un élan qui témoigne, selon Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères de la France, de l'universalité de l'aspiration démocratique. Le propos est renforcé par les exemples de succès de la communauté internationale en Libye et au Yémen, tant loués par Hillary Clinton qui appelle le Fonds monétaire international et les pays amis à soutenir l'Egypte dans sa transition.

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a profité de la réunion du Conseil pour faire part de sa vision plus large pour un Moyen-Orient plus pacifique et prospère. Une vision qu'il détaille en cinq points : le patron de l'ONU invite les dirigeants arabes à choisir la voie de la vraie réforme et à laisser la place à ceux qui peuvent la mener. Il estime que le pluralisme et les droits des minorités doivent être promus et que les minorités doivent avoir leur mot d'ordre dans les nouvelles démocraties de la région. Il souhaite plus de participation des femmes dans le processus de décision et plus d'opportunités et d'emplois pour les jeunes. Enfin, il souhaite une prise de conscience régionale basée sur les idéaux de liberté; celle-ci ne pouvant être complète sans une résolution du conflit israélo-palestinien.

Mais au de-là des discours, des bilans, des vues d'ensemble, c'est la Syrie qui retient toutes les attentions; c'est la Syrie qui continue de diviser même si le Conseil semble s'orienter vers une position commune, visant -pour le moment présent- à mettre fin aux violences…

Ban Ki-moon a mis le ton en engageant le Président El-Assad à s'inspirer des solutions concrètes proposées par l'émissaire spécial des Nations Unies et de la Ligue arabe et en invitant le Conseil à s'unir autour de ces solutions. Alain Juppé évoque la responsabilité de protéger et invite le Conseil de sécurité à sortir de son inertie, en votant une résolution visant à « mettre un terme au martyre du peuple syrien ».

William Hague, le Secrétaire d'État britannique et au Commonwealth, a invité la communauté internationale à se battre contre l'impunité. Il fait savoir que son gouvernement réunit éléments et preuves des violations commises par le régime syrien en collaboration avec la Turquie, le Liban, la Jordanie et invite les pays à faire de même. Ceux qui ont commis des crimes doivent être jugés, a-t-il soutenu.

Hillary Clinton, Secrétaire d'État américaine, ne manque pas l'occasion de réitérer que le seul intérêt, la seule dignité du peuple syrien compte pour son pays et de rappeler le cynisme du régime syrien qui continuait de massacrer son peuple même pendant la visite de Kofi Annan. Elle fustige les hypocrites qui violent les droits de l'homme dans leurs pays et soutiennent les régimes oppresseurs.

Serguei Lavrov, le ministre des Affaires étrangères de la Russie rappelé les États au mauvais souvenir de la manipulation du Conseil de sécurité et des dégâts colossaux de l'intervention de l'OTAN en Libye. Sans nier la responsabilité des autorités syriennes dans la détérioration de la situation, il ne minimise pas les violations aux droits de l'homme et massacres perpétrés par l'Armée libre de Syrie et le groupe Al-Qaïda, avant de confirmer le plein soutien de son pays à la mission de Kofi Annan.

(Mise en perspective de Maha Fayek. Extraits sonores : Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies ; Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères de la France; Sergei Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Russie ; William Hague ; Secrétaire d'État britannique et du Commonwealth ; Hillary Clinton ; Secrétaire d'État américaine)

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18/10/2017
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