Conseil de sécurité : la France souhaite que les Afghans maîtrisent leur destin national

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Gérard Araud, Représentant permanent de la France (UN Photo/JC McIlwaine)

Le Conseil de sécurité a examiné ce matin la situation en Afghanistan et les activités de la MANUA, la Mission de l'ONU déployée sur le terrain depuis maintenant dix ans. Les quinze ont entendu Jan Kurbis, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général à Kaboul, qui a pris ses fonctions il y a deux mois. Deux mois qui lui ont permis de prendre les premiers contacts, mais aussi de vivre les premières tragédies, notamment celle de Mazar-e-Charif, au cours de laquelle sept membres du personnel de l'ONU ont perdu la vie.

Des drames et des défis également évoqués par les membres du Conseil de sécurité, qui ont ensuite pris la parole à l'instar du Représentant permanent de la France, Gérard Araud, qui a précisé le rôle qu'entendait jouer son pays au cours de la prochaine décennie. Le diplomate français a jugé normal, alors que les objectifs et le format de la coalition internationale en Afghanistan évoluent, que les Nations Unies s'adaptent aussi. Les progrès dans le processus de Transition et le passage progressif de témoin aux autorités afghanes d'ici 2014 des tâches civiles et militaires sont reflétés dans le mandat de la mission, a-t-il fait valoir. Les engagements mutuels pris à Bonn pour la décennie dite de la « Transformation » qui suivra la Transition (2015-2024) sont également intégrés, de même que le processus de coopération régionale lancé à Istanbul en novembre dernier.

Pour Gérard Araud, le rapport du Secrétaire général contient des recommandations tirées de la revue générale de l'activité des Nations Unies en Afghanistan. La France souscrit aux trois pôles identifiés comme étant le cœur de l'action de la Mission au-delà de 2014 : les bons offices politiques, les droits de l'Homme et notamment les droits des femmes qu'il convient de garder en haut de l'agenda et la cohérence de l'aide internationale.

L'adaptation progressive de la présence des Nations Unies à ces missions et au nouvel environnement créé par le processus de Transition sera le principal défi que le Représentant spécial devra relever en tenant compte de la mise en œuvre des réformes prévues par le processus de Kaboul, les avancées possibles dans la réconciliation inter-afghane et l'évolution du contexte régional et du dialogue politique entre les Etats voisins.

La situation en Afghanistan est volatile et chaque semaine semble apporter son lot de tragédies. La France, comme beaucoup d'autres nations présentes dans cette salle, a payé lourdement le prix du sang. En même temps, des raisons d'être optimistes existent aussi, a souligné Gérard Araud.

Dans ce contexte, la France reste aux côtés des afghans et de ses alliés, tant qu'il le faudra et que le gouvernement afghan le lui demandera. C'est dans cet esprit que la France participera au Sommet de l'OTAN en mai à Chicago et à la conférence économique qui se tiendra en juillet à Tokyo.

La France, va progressivement réduire son contingent, mettant fin en 2013 à ses missions de combat conformément à la planification de la FIAS, tout en maintenant des formateurs au-delà de 2014. Elle continuera de travailler, avec l'ensemble de la communauté internationale, à la mise en place de forces de sécurité afghanes professionnelles, crédibles et soutenables.

L'engagement de la France aux côtés des Afghans, en particulier sur le plan civil, sera encadré par le Traité d'amitié et de coopération signé par le Président Karzaï et le Président de la République française à Paris le 27 janvier. Ce traité se concrétisera par une augmentation substantielle de notre engagement civil dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'agriculture, des échanges culturels, des ressources minières et des infrastructures.

La France n'a d'autre objectif en Afghanistan que sa stabilisation durable, la fin des sanctuaires du terrorisme international et la maîtrise par les Afghans de leur destin national. Le succès de la « Transformation » dépend largement de la réussite de la MANUA. Nous sommes donc convaincus que les Nations Unies, en particulier de la MANUA, en auront un rôle majeur à jouer en Afghanistan dans les années à venir.

(Extrait sonore : Gérard Araud, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies)

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15/12/2017
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