Comité des disparitions forcées : Navi Pillay dénonce « l'un des crimes les plus odieux »

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Le Comité des disparitions forcées a entamé, ce lundi à Genève, les travaux de sa deuxième session. Une réunion au cours de laquelle,  il a été observé une minute de silence à la mémoire des victimes de disparitions forcées. Dans sa déclaration d'ouverture, la Chef des droits de l'homme de l'ONU a souligné que la disparition forcée est l’un des crimes les plus odieux.  Les personnes portées disparues sont littéralement rendues «invisibles». Dans ce lot, figurent les femmes et les enfants, qui feront l'objet d'une discussion thématique.

La Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l'ONU a salué la décision du Comité de consacrer une de ses discussions thématiques aux effets des disparitions forcées sur les femmes et les enfants.  En tant que victimes de disparitions, les femmes deviennent particulièrement vulnérables aux violences sexuelles et à d’autres formes de violences.  Étant donné qu’elles se trouvent au premier rang du combat pour résoudre les disparitions de membres de leurs familles, les femmes sont, selon toute probabilité, susceptibles de se retrouver au premier plan de l’interaction entre les victimes et le Comité des disparitions forcées, a souligné Navi Pillay.

La Chef des droits de l'homme de l'ONU a souligné que la disparition forcée est l’un des crimes les plus odieux. Aussi, la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées et le travail du Comité attireront-ils de plus en plus l’attention sur ce fléau, qui affecte un nombre important d’individus mais reste trop souvent sans réponse, et chercheront-ils à y remédier.  Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme n’épargnera aucun effort pour promouvoir la ratification et l’application de la Convention, a poursuivi Navi Pillay, assurant que cet objectif de sensibilisation fait partie intégrante de ses objectifs pour les deux années à venir.

De son côté, le Président du Comité a précisé avoir adressé une lettre à tous les États Membres de l’ONU pour souhaiter une ratification rapide, complète et universelle de la Convention. Selon Emmanuel Decaux, il est aujourd’hui indispensable que tous les amis de la Convention lancent une campagne internationale d’information et de sensibilisation. A cet égard, le Président du Comité a jugé exemplaire la ratification récente par la Tunisie.  Le Président a ensuite évoqué les priorités du Comité qui, selon lui, sont de trois ordres.  Tout d’abord, le Comité doit réagir aux appels urgents et traiter les communications de manière efficace, avec le souci de protéger les victimes et leurs proches, y compris par des mesures conservatoires.  Par ailleurs, le Comité doit être prêt à répondre pour examiner de manière systématique et approfondie, rapide et innovante, les rapports des États parties, ce qui implique des sessions plus longues dès 2013.  D’autre part, le Comité doit pouvoir mettre en œuvre les compétences de l’article 33, en organisant, si nécessaire, des visites sur le terrain.

Le Comité est chargé de surveiller la mise en œuvre des dispositions de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, ratifiée à ce jour par 32 pays dont l'Allemagne, l'Argentine, la France, le Sénégal ou la Tunisie qui a récemment ratifié la Convention.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève)

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15/12/2017
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