Syrie : Retrait de la délégation syrienne alors que Navi Pillay demande un cessez-le-feu humanitaire

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« Le plus urgent en Syrie est de faire cesser les tueries ».  Devant le Conseil des droits de l'homme, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l’homme a appelé une nouvelle fois le Conseil de sécurité à assumer sa responsabilité de protéger la population.  Cela permettrait, selon Navi Pillay, d'avertir à ceux qui se livrent à ces atrocités et à ce carnage en cours en Syrie que leurs actions ne resteront pas impunies. Navi Pillay a aussi demandé un cessez-le-feu humanitaire immédiat en Syrie afin de mettre fin aux violences et permettre à l’ONU de venir en aide aux populations.

Navi Pillay a souligné avoir reçu des informations inquiétantes faisant état d’une rapide détérioration de la situation humanitaire et des droits de l’homme.  L’armée et les forces de sécurité syrienne opèrent des arrestations massives, des détentions arbitraires de manifestants par milliers, visant à la fois des militants et tout suspect d’activités antigouvernementales.    Selon le bilan des autorités, 2.493 civils ont été tués ainsi que 1.345 militaires et policiers entre la mi-mars 2011 et le 18 janvier dernier.  Le Haut-Commissariat a des indications selon lesquelles le bilan véritable est bien plus élevé, alors que tout indique que la majorité des manifestations étaient pacifiques, ce qui n’a pas empêché les forces de sécurité à se livrer à une escalade de la violence, y compris contre les services de santé, les moyens de transport ou les institutions éducatives.

Elle appelle le Gouvernement syrien à permettre à des observateurs indépendants internationaux de pouvoir visiter tous les centres de détention et à accorder un accès sans entraves aux acteurs humanitaires.  Elle l’appelle à libérer tous les prisonniers politiques et toute personne détenue de façon arbitraire.  Il doit rapidement ouvrir des enquêtes indépendantes et impartiales pour traduire en justice les responsables et accorder des réparations aux victimes. 

En conclusion, Navi Pillay s’est dite convaincue que la saisine de la Cour pénale internationale serait une décision appropriée.  Les mécanismes du Conseil peuvent aussi jouer un rôle important pour faire valoir la justice, la vérité et la responsabilité en Syrie. 

De son côté, l'Ambassadeur de la Syrie à Genève a déclaré que la tenue de cette réunion était contraire au règlement intérieur du Conseil, en particulier parce que sa délégation n’avait pas été consultée au préalable en tant que pays concerné.  Selon Faysal Khabbaz Hamoui, il s’agit d’une manipulation du Conseil visant à utiliser le segment de haut niveau à des fins politiques, ce qui constitue un mauvais précédent pour ce Conseil.  En conclusion, le représentant syrien a constaté que la tenue de cette séance a pour but d’attiser la haine dans son pays et que le Conseil fait l’objet d’une manipulation flagrante par quelques pays pour des raisons politiques.  C’est pour ces raisons qu’il a annoncé le retrait de sa délégation de ce débat stérile et que son pays ne reconnaissait pas la légitimité de cette session et de toute résolution malveillante qu’elle pourrait adopter. 

Le Vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, a pour sa part déclaré que la politisation des débats ne contribuerait pas à l’émergence d’une solution.  « Il est important que le Gouvernement syrien coopère avec le CICR », a-t-il ajouté.  Tous ceux qui ont une influence sur les insurgés doivent l’exercer dans le sens de l’apaisement.  « Il est important maintenant de donner une chance aux Syriens de surmonter la crise.  Il est clair que les méthodes non démocratiques conduisent à un résultat improductif, le risque majeur étant celui d’une guerre civile qui déborde sur toute la région.  La Russie entend œuvrer à contrecarrer une telle issue », a conclu le Ministre de la Fédération de Russie.

Au début des travaux, le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Nassir Abdulaziz al-Nasser,  a indiqué qu'il est « nécessaire que l’Assemblée générale, le Conseil des droits de l’homme et le Conseil de Sécurité agissent comme un seul homme afin de sauver des vies ».

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Navi Pillay, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l’homme)

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15/12/2017
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