Syrie: Navi Pillay réclame des mesures efficaces pour protéger les civils

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La Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme réclame des mesures efficaces pour protéger la population syrienne. Navi Pillay estime que l’échec du Conseil de sécurité de l'ONU à trouver un accord « semble avoir aggravé l'empressement du gouvernement syrien à massacrer sans trêve son propre peuple afin d'écraser la contestation ». La Chef des droits de l'homme de l'ONU souligne donc « l'extrême urgence pour la communauté internationale de dépasser les considérations politiques et de prendre des mesures efficaces pour protéger la population syrienne ».

Elle se dit « consternée par l’attaque délibérée menée par le gouvernement syrien sur Homs ainsi que par l’utilisation de l’artillerie et d’autres armes lourdes, pour ce qui semble relever d’attaques indiscriminées sur les zones civiles de la ville. Selon des sources locales et des rapports de médias indépendants en provenance de la ville de Homs, l'armée syrienne a brusquement augmenté son utilisation de tanks, hélicoptères, mortiers, roquettes et tirs d'artillerie pour attaquer des zones civiles.

Des rapports indiquent que les hôpitaux, qui avaient déjà des difficultés à faire face à tous les blessés des dernières semaines, sont maintenant débordés ou inaccessibles. Par ailleurs, les obus auraient touché un de ces hôpitaux improvisés dans le quartier de Bab Amr ce lundi, augmentant le nombre de victimes.

« En plus de ces violations massives et continuelles des droits de l'homme, je crains que la situation humanitaire ne se soit détériorée de manière significative dans plusieurs régions du pays au cours de ces derniers mois, et spécialement à Homs où des quartiers ont été largement coupés du reste de la ville ou encerclés pendant de longues périodes » a dit Navi Pillay.

La chef de l’ONU aux droits de l’Homme a souligné qu’en 2005 les leaders mondiaux ont « convenu que lorsqu’un état échoue manifestement à protéger sa population contre de graves crimes internationaux, la communauté internationale toute entière a la responsabilité d’intervenir en prenant conjointement, au moment opportun et de façon décisive, des mesures de protection ». Or « ces onze derniers mois, depuis le début de la répression brutale de manifestations essentiellement pacifiques par le gouvernement syrien, des milliers de manifestants et de civils ont été tués, blessés, emprisonnés, torturés et victimes de disparitions forcées », fait remarquer Navi Pillay.

Selon la Chef des droits de l'homme de l'ONU « tout indique que l’armée syrienne et les forces de sécurité sont impliquées dans la plupart des crimes perpétrés et ces crimes constitueraient des crimes contre l’humanité ». En conclusion, Navi Pillay rappelle à ceux qui sont au pouvoir en Syrie, de se souvenir « qu'il n'y a pas de limitation dans le temps pour les crimes internationaux graves, et que des efforts seront poursuivis aussi longtemps que nécessaire, pour rendre justice à toutes les victimes des crimes systématiques et flagrants qui ont lieu en Syrie aujourd'hui. »

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme)

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23/10/2017
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