Syrie : le Conseil de sécurité en quête de consensus

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Bashar Ja'afari (au bout de la table), Représentant permanent de la Syrie, lors de la séance du Conseil de sécurité sur la situation dans son pays (UN Photo Mark Garten)

La recherche d'un consensus se poursuit au Conseil de sécurité réuni mardi soir pour essayer de débloquer la crise syrienne. Une réunion de haut niveau qui a bénéficié de la présence de nombreux ministres des affaires étrangères, dont Hillary Clinton, pour les Etats-Unis et Alain Juppé pour la France et même de celle du chef de gouvernement, celui du Qatar Cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, qui préside actuellement aux destinées de la Ligue des États arabes. L'Organisation régionale a eu toute latitude pour défendre son plan de sortie de crise.

Ainsi, dans la salle du Conseil de sécurité on a pu observer d'un côté les pays occidentaux qui appuient le projet de résolution de la Ligue arabe présenté par le Maroc. De l'autre, la Russie, fidèle alliée de Damas, et la Chine, opposés à toute ingérence, et inquiets de voir se reproduire en Syrie l'épopée libyenne.

Premiers orateurs, le Premier Ministre qatari Cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani et Nabil El-Araby, respectivement présidents et Secrétaire général de la Ligue arabe, ont exhorté le Conseil à stopper net la machine à tuer du régime syrien, sans recourir à une intervention militaire.

Intervenant après la Secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, le chef de la diplomatie française a appelé le Conseil à sortir de son “silence scandaleux” en adoptant une résolution soutenant les initiatives de la Ligue arabe. Pour Alain Juppé, le Conseil de sécurité est la clé de voûte de la paix et de la sécurité internationales. Pour le rester, il est de son devoir de se prononcer sur des cas aussi graves que la Syrie.

Auparavant, l'Ambassadeur de la Syrie auprès des Nations Unies, Bachar Jaafari, avait fait valoir que son pays rejette toute intervention étrangère, qu'il ne veut dépendre de personne et que son peuple doit se laisser guider par sa fibre patriotique. Damas connaît l'odeur du jasmin et non pas celui du sang, a-t-il déclaré.

Enfin, l'Ambassadeur russe, Vitaly Curkin, tout en saluant l'initiative de la Ligue arabe, a estimé que la crise doit être résolue par les Syriens eux-mêmes et que le Conseil de sécurité n'a pas pour mandat de faire obstacle au dialogue.

(Mise en perspective : Jérôme Longué ; extraits sonores des interventions du Premier Ministre du Qatar, Cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani et Président de la Ligue des États arabes; d'Alain Juppé, Ministre français des affaires étrangères et de Bachar Jaafari, Représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies)

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11/12/2017
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