Syrie: la France soutient une saisine de la Cour pénale internationale

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Alain Juppé, Ministre des Affaires étrangères de la France (UN Photo/Paulo Filgueiras)

La France veut une saisine de la justice internationale pour sanctionner la répression menée par le régime syrien. Au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, le Ministre français des Affaires étrangères a souligné qu'un jour viendra où les autorités civiles et militaires syriennes, en premier lieu le Président Assad lui-même, devront répondre de leurs actes devant la justice.

Alain Juppé a déclaré que « l'urgence, aujourd'hui, c'est la Syrie » et que « le devoir du Conseil est d'exprimer la réprobation du monde entier devant les crimes odieux que l'État syrien commet contre son peuple ».

La France ne se taira pas face à ces horreurs que rien ne peut justifier, a-t-il ajouté. Alain Juppé a ensuite rappelé les initiatives qui ont été prises depuis le début des événements en Syrie, citant l'adoption de trois résolutions sur la Syrie par le Conseil, une résolution de l'Assemblée générale demandant l'arrêt des violences et la réunion, vendredi dernier à Tunis, du Groupe des amis du peuple syrien.

Citant également le rapport de la commission d'enquête internationale, le Ministre a qualifié ce rapport d' « accablant ». « Le régime se rend coupable à l'encontre de sa population d'un crime contre l'humanité », a-t-il poursuivi. Dans ce contexte, Alain Juppé a déclaré que le Conseil doit réagir et se donner quatre priorités. Il doit d'abord soutenir la commission d'enquête en prolongeant son mandat dans le but de rassembler les preuves des crimes perpétrés contre la population. Il doit ensuite exiger l'arrêt des violences et la protection des populations et des journalistes. Le Conseil doit également faire respecter l'impératif humanitaire: dans ce cadre, la France a créé un fonds humanitaire d'urgence destiné au peuple syrien et appelle tous les États à faire de même. Enfin, le Conseil doit tout faire pour encourager la sortie de crise politique. Dans ce cadre, la France soutient le plan de la Ligue arabe du 22 janvier et soutient la nomination de M. Kofi Annan en tant qu'Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies et de la Ligue arabe.

En conclusion, le Ministre français des affaires étrangères a déclaré qu'« aucun d'entre nous ne pourra dire qu'il ne savait pas. Aucun d'entre nous ne pourra ignorer ses responsabilités ». En conséquence, Alain Juppé a appelé tous les États membres du Conseil à tirer les conséquences du rapport de la commission d'enquête.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore d'Alain Juppé, Ministre des Affaires étrangères de la France)

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17/10/2017
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