Mutilations génitales féminines : éradication en vue au Sénégal

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Décès, hémorragies, états de choc, infections, douleurs aiguës, absence de cicatrisation, kystes, abcès : autant de conséquences dramatiques des mutilations génitales féminines. Une liste douloureuse à laquelle il faut pourtant ajoute les risque de VIH/SIDA, d'hépatite B et des autres maladies transmises par le sang; les infections des voies génitales, les dysménorrhées, la rétention et l'incontinence urinaire, les infections et les obstructions des voies urinaires; sans oublier les complications lors de l'accouchement.

Malgré les conséquences nocives des mutilations, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) estime que 3 millions de filles en sont victimes chaque année à travers le monde.

Selon Nafissatou Diop, Coordonnatrice du Programme commun FNUAP-programme de l'UNICEF sur les mutilations génitales féminines, cette pratique ancestrale aurait ses origines dans l'Egypte des pharaons. Elle se serait répandue à travers les empires africains et le Moyen-Orient. Une mauvaise interprétation du Coran aurait aussi contribué à son extension. Aujourd'hui, suite au flux migratoires, elle est pratiquée sur tous les continents et représente un véritable problème de santé publique.

Le Sénégal, qui a été un des pionniers dans la lutte contre la mutilation génitale féminine, notamment à travers les activités de l'ONG Tostan, est aujourd'hui en passe de devenir le premier pays africain à éradiquer l'excision, selon l'agence onusienne. Le Fonds et des groupes locaux ont engagé des jeunes femmes sur le terrain – dont beaucoup ont été excisées – à mener une campagne de sensibilisation en vue de mettre fin à la pratique en une génération.

(Nafissatou Diop, Coordonnatrice du Programme commun FNUAP-programme de l'UNICEF sur les mutilations génitales féminines; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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18/10/2017
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