Mali: 130 000 déplacés et réfugiés par les combats armée/rébellion (OCHA)

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Près de 130 000 personnes déplacées et réfugiées ont fui les combats qui ont lieu depuis mi-janvier entre l’armée malienne et la rébellion touareg dans le nord du Mali. Selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), les mouvements de populations se sont poursuivis et sont désormais estimés à 61 400 déplacés internes au Mali, et près de 70 000 réfugiés maliens entre la Mauritanie, le Burkina Faso, le Niger et l’Algérie.

Face à cet afflux de déplacés et de réfugiés, les travailleurs humanitaires font face à trois défis, notamment l'insécurité qui règne dans le nord du Mali, l'insécurité alimentaire qui sévit dans toute la région du Sahel, mais aussi la sécheresse au Sahel.

Sur le terrain, les humanitaires constatent un rythme toujours élevé d'arrivées de nouveaux réfugiés : entre 800 et 1000 par jour en Mauritanie comme au Burkina Faso.

« Les gouvernements hôtes et plusieurs organisations ont commencé d’apporter une assistance en abri, eau et assainissement, nourriture et éducation aux personnes déplacées et réfugiées », note l'agence. Toutefois, la réponse est actuellement très loin de correspondre aux besoins.

En outre, les réfugiés arrivent souvent dans des régions particulièrement affectées par la crise alimentaire et nutritionnelle qui sévit actuellement au Sahel, en raison de la sécheresse.

Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires rappelle que si ces déplacements massifs de populations sont en grande partie dus aux combats, « des familles touareg vivant dans le sud du pays et la capitale se sont réfugiées à l’étranger suite aux manifestations de Bamako du 2 février 2012, lors desquelles des biens appartenant à des Maliens d’origine touareg ou maure ont été attaqués ».

Par ailleurs, selon OCHA, au moins 7 563 Nigériens vivant au Mali étaient rentrés dans leur pays à la date du 20 février.

Concernant la situation à l'intérieur du Mali, OCHA note que les combats dans le nord du Mali ont provoqué des déplacements importants de populations, le plus souvent par famille entière. Du fait de l'insécurité qui régnait déjà dans ces régions, en raison notamment de la présence d'AQMI, l'essentiel de l'action humanitaire est mené par le CICR et la Croix-Rouge malienne (CRM). Suite aux évaluations de ces deux organisations, on estime qu'au 20 février, environ 61 400 personnes étaient déplacées à l'intérieur du Mali. Le CICR précisait toutefois que certaines zones n'étaient pas accessibles du fait de l'insécurité.

Les agences des Nations Unies préparent des missions d’évaluation de besoins pour les personnes déplacées, notamment dans les zones de Niono (Ségou), Niafounké (Tombouctou)  et à Gao ville. L’accès aux personnes déplacées est une priorité qui s’ajoute à la réponse à la situation de sécheresse.

(Extrait sonore : Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU)

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18/12/2017
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