Hypertension artérielle : Une préoccupation à Djibouti

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Selon le Docteur Irahima Houmed, cardiologue à l'Hôpital Peltier de Djibouti, l'hypertension artérielle, avec les graves complications de santé qu'elle peut engendrer, est l'une des premières causes de mortalité de la population locale. Bien qu'aucune étude ne confirme ses dires, il est à même de constater l'étendue de ce problème, affirmant que parmi les patients qui viennent le consulter, huit  sur dix affichent une tension artérielle trop élevée.

L'hypertension artérielle est une maladie que le Docteur Houmed qualifie de « silencieuse », qui souvent ne laisse paraître aucun symptôme. Les gens qui en sont atteints peuvent facilement ignorer leur condition et omettre de consulter un médecin, encourant ainsi des risques d'accident cardiovasculaire, d'insuffisance rénale, voire d'infarctus.

Selon le cardiologue, la haute tension artérielle affecte majoritairement les personnes âgées au minimum d'une cinquantaine d'années, quoique de plus en plus de Djiboutiens dans la quarantaine présentent ces mêmes symptômes.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer l'étendue de ce problème de santé au sein de la population djiboutienne : une eau potable qui est naturellement salée, un régime alimentaire riche en huiles et viandes, l'introduction de la malbouffe dans la diète populaire, ainsi que le manque d'activité physique. S'ajoute à la liste la consommation du khat, une plante typique de la région qui, lorsqu'elle est mâchée, a pour effet d'élever la pression artérielle, entre autres. On estime que 80% de la population adulte de Djibouti mâche le khat.

Répondre au problème de l'hypertension est un défi complexe, affirme le Dr Houmed. Il faut d'abord redoubler d'efforts en matière de sensibilisation et de prévention. Aussi, il faut des moyens humains, c'est-à-dire des docteurs, pour pouvoir faire le suivi de la population. Enfin, le financement des médicaments est problématique à Djibouti, explique le cardiologue. L'hypertension étant un problème de santé chronique, les personnes qui en sont atteintes doivent prendre des médicaments pendant toute leur vie. Or, ces médicaments coûtent cher et de nombreux Djiboutiens doivent se résigner à cesser de les prendre, faute d'argent. La solution avancée par le Dr Houmed serait que le système de santé achète les médicaments pour pouvoir ensuite les offrir à prix modique aux patients en ayant besoin.

(Interview : Docteur Irahima Houmed, cardiologue à l'Hôpital Peltier à Djibouti; propos recueillis par Alpha Diallo)

Classé sous Fréquence santé, Santé.
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14/12/2017
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