Haïti : réactions toujours vives devant l'impunité dont jouit Jean-Claude Duvalier

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L'ancien président d'Haïti, Jean-Claude Duvalier

En Haïti les réactions sont toujours vives après l'annonce par un juge d'instruction de Port-au-Prince de ne poursuivre l'ancien Président, Jean-Claude Duvalier que pour crimes financiers et non pour les tortures, exécutions extrajudiciaires et disparitions forcées commises durant la dictature. Et ce malgré les nombreuses plaintes des victimes et de leurs familles.

Après Navi Pillay, après le Bureau des avocats internationaux, c'est au tour du Réseau Sud-est de défense des droits humains de déplorer l'impunité. Au micro de Radio MINUSTAH, son porte-parole exhorte l'exécutif à se ressaisir et invite les victimes à attaquer cette décision de justice.

Michel Forst, l'Expert indépendant sur la situation des droits de l'homme en Haïti, s'est lui aussi montre préoccupé par cette annonce. « Si les informations concernant Jean-Claude Duvalier sont confirmées, cela porterait alors un coup très sérieux à la crédibilité du processus engagé de réforme du système judiciaire en Haïti », a déclaré Michel Forst, qui effectuait une visite en Haïti. Selon l'Expert indépendant, « l'existence de crimes commis par le régime Duvalier est bien établie et a été confirmée à de nombreuses reprises, notamment par les rapports annuels de la Commission interaméricaine des droits de l'homme de 1970 à 1986. »

Michel Forst estime également que les familles des victimes qui ont porté plainte depuis le retour de Jean-Claude Duvalier en Haïti ont fourni aux autorités judiciaires les éléments d'information nécessaires pour renvoyer l'ancien président devant le Tribunal criminel. Rappelons que le 17 mai 2011 la Commission interaméricaine des droits de l'homme a émis une déclaration sur le devoir de l'Etat haïtien d'enquêter sur les graves violations des droits de l'homme commises sous le régime de Jean-Claude Duvalier, rappelant notamment que la torture, les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées commises alors qu'il était au pouvoir constituent des crimes contre l'humanité.

(Extrait sonore : porte-parole du Réseau Sud-est de défense des droits humains; propos recueillis Alain Pierre de Radio MINUSTAH)

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18/10/2017
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