Haïti : l'ONU s'inquiète de la paralysie institutionnelle

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Mariano Fernández, Chef de la MINUSTAH, s'entretient avec des étudiantes à Port-au-Prince (UN Photo/Logan Abassi)

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Haïti, Mariano Fernandez Amunategui, s’est félicité jeudi des récentes avancées en matière d’état de droit mais s’est inquiété de la paralysie institutionnelle entre le gouvernement, le Parlement et le Président.

La Mission des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH) « tient à féliciter les autorités haïtiennes pour les avancées récentes dans le renforcement de l’état de droit en Haïti avec notamment la nomination de quatre juges additionnels à la Cour de cassation et l’annonce de la prochaine mise en place du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) », a dit Mariano Fernandez Amunategui dans une déclaration à la presse.

Il a encouragé les autorités haïtiennes à avancer sur des éléments prioritaires qui pourraient constituer le fondement de la stabilité politique : l’adoption par le Parlement du budget national; l’élaboration d’un agenda législatif consensuel; la publication des amendements de la Constitution; et l’organisation des élections locales, municipales et sénatoriales de 2012.

Il s’est inquiété de la récente série de « crises à répétition entre les pouvoirs exécutif et législatif ». « L’impasse politique et la paralysie institutionnelle entre le gouvernement, le Parlement et le Président ne reflètent pas les engagements que ceux-ci ont pris vis-à-vis du peuple haïtien et ne sont pas de nature à créer les conditions nécessaires pour la relance de l’économie et la consolidation de la démocratie », a-t-il dit.

Le Représentant spécial de l’ONU a souhaité que soit mis fin au regroupement à travers le pays d’éléments armés, dont certains sont issus des ex-Forces Armées d’Haïti, estimant qu’il s’agit d’une provocation inutile. « Le choix de recréer ou non une seconde force est une question légitime et une décision souveraine. Toutefois, cette initiative ne doit pas se faire au détriment du développement des capacités et des effectifs de la Police Nationale d’Haïti », a-t-il dit.

Le chef de la MINUSTAH s’est aussi dit préoccupé par le retard pris dans l’organisation des prochaines élections locales, municipales et sénatoriales.

« Nous encourageons fermement les autorités haïtiennes à forger un consensus au-delà des différences partisanes afin de prendre les décisions qui serviront à renforcer les institutions du pays ainsi que la stabilité politique et le développement économique », a-t-il conclu.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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