Golfe de Guinée : le Conseil de sécurité examine les moyens d'endiguer la piraterie

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La salle du Conseil de sécurité-UN Photo/Devra Berkowitz

Le Conseil de sécurité s'est réuni lundi matin, à New York, pour faire le point sur la piraterie dans le Golfe de Guinée, sur la base du rapport du Secrétaire général sur la question. La recrudescence de la piraterie dans la région ouest-africaine, est apparue il y a une dizaine d'années. Elle consiste notamment en des actes de brigandage armé dont l'objectif principal est de s'emparer des cargaisons à haute valeur, telles que le pétrole.

Le débat a permis d'entendre nombre d'orateurs déplorer que la piraterie dans le Golfe de Guinée affecte de plus en plus la croissance, la stabilité et le développement des pays de la région. Des efforts nationaux régionaux et internationaux sont nécessaires pour lutter contre cette activité en pleine croissance.

Lors du débat, Gérard Araud, le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies est revenu sur les actions menées par son pays et par l'Union européenne pour endiguer le fléau de la piraterie.

La France agit contre l'insécurité maritime dans le Golfe de Guinée. Les bâtiments de la Marine nationale française mettent à profit leurs escales dans la région pour conduire des activités de formation et d'entraînement. En octobre 2011, les autorités de Guinée équatoriale ont inauguré à Bata la nouvelle Ecole navale nationale à vocation régionale soutenue par la coopération française.

La France est également à l'origine de plusieurs initiatives destinées à renforcer la coopération régionale dans le Golfe de Guinée. Elle a organisé un séminaire régional en novembre dernier à Cotonou afin de réaliser un état des lieux des besoins des Etats de la CEDEAO et de la CEEAC elle-même. Ses recommandations seront mises en œuvre à travers un programme doté de 1 600 000 $ pour la réforme des secteurs de sécurité dans le domaine maritime au profit du Togo, du Bénin et du Ghana. La première action a consisté à financer une mission d'experts maritimes de la CEDEAO à Libreville et Douala la semaine dernière afin de leur permettre de s'inspirer des structures maritimes mises en place par la CEEAC depuis quelques années, ce qui facilitera la coopération entre les deux organisations à l'avenir.

La France a également proposé, en tant que présidente du groupe d'experts « maintien et consolidation de la paix » du G8, l'instauration d'un mécanisme de coordination entre ses membres (qui comprennent les Nations Unies et l'Union européenne) qui œuvrent au renforcement des capacités en matière de sûreté maritime. Il s'agira d'éviter la duplication des efforts et les déficits de formation dans certains domaines.

Le Conseil de sécurité devrait adopter dans les prochains jours une résolution sur la piraterie dans le Golfe de Guinée. Une première résolution sur la question avait été adoptée par le conseil à l'unanimité en octobre dernier. Ce texte engageait les États de la région à lutter contre ces actes criminels par des actions coordonnées, dont les patrouilles maritimes bilatérales ou régionales. Il demandait la mise au point d'un « cadre régional de lutte » et l'appui de la communauté internationale aux États concernés de la région. Par la résolution, le Conseil se félicitait de l'intention de déployer une mission d'évaluation des Nations Unies chargée d'examiner la menace que représentent les actes de piraterie et les vols à main armée dans le golfe de Guinée et de chercher le meilleur moyen de s'attaquer au problème.

En début de réunion, Lynn Pascoe, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, a présenté le rapport de cette mission au quinze ce matin. Selon lui, le rapport souligne que malgré les efforts pour lutter contre ce mal, il prend de l'ampleur. Non seulement l'on constate une croissance continue du nombre d'incidents reportés, mais ceux-ci sont de plus en plus sophistiqués et violents, allant jusqu’à l'emploi d'armes lourdes.

Selon le chef des affaires politiques de l'ONU, le rapport indique que la piraterie empêche les Etats de la région d'entreprendre des échanges commerciaux internationaux pacifiques et d'exploiter leurs ressources naturelles.

(Extrait sonore : Gérard Araud, le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies)

Classé sous Conseil de sécurité, L'info.
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11/12/2017
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