Golfe d'Aden: au moins onze Somaliens morts noyés (HCR)

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De nombreux réfugiés somaliens tentent la traversée du Golfe d'Aden dans l’espoir de rejoindre le Yémen et très souvent au péril de leur vie (Photo:HCR-K.McKinsey).

Au moins 11 personnes se sont noyées et 34 autres sont portées disparues, suite au chavirage d’un bateau de passeurs cette semaine dans le golfe d’Aden. Selon des témoignages de survivants retrouvés sur des plages somaliennes mercredi soir, l'embarcation, conduite par trois passeurs avec 58 passagers à son bord, avait mis le cap vers le Yémen samedi dernier (le 4 février). Peu après le départ, le moteur du bateau a eu une avarie. Sans propulsion, le bateau a dérivé pendant cinq jours et a fini par chavirer mercredi dans une mer démontée et par mauvais temps.

Déjà 11 corps ont été retrouvés sur des plages situées non loin de Ceelaayo à 30 kilomètres à l’ouest de Bossasso. Les habitants auraient également retrouvé 13 survivants, y compris une femme et deux adolescents, un garçon et une fille. Les partenaires du HCR en coordination avec les autorités locales, ont organisé le transport de ces personnes depuis le village de Qaw vers Bossasso pour qu’ils reçoivent des soins. La plupart d’entre eux souffrent de brûlures sur la peau causées par le fuel à l’intérieur du bateau.

Le HCR dit avoir reçu des « informations choquantes »  indiquant comment les passeurs avaient forcé 22 passagers à sauter par-dessus bord après la panne du moteur. Le HCR est profondément attristé par ces pertes tragiques en vie humaine. Les autorités de la ville portuaire de Bossasso enquêtent sur ces disparitions. Le HCR espère que leurs auteurs seront traduits en justice.

Chaque année, des dizaines de milliers de Somaliens et d’Ethiopiens – fuyant la violence, les abus des droits humains et la pauvreté dans la corne de l’Afrique – payent des passeurs pour la traversée du golfe d’Aden vers le Yémen. Beaucoup ne sont jamais arrivés à destination, car les bateaux chavirent ou les passeurs battent à mort des passagers, les forcent à sauter par-dessus bord ou les débarquent trop loin des côtes.

Pour alerter les personnes qui prévoient de traverser la mer Rouge ou le golfe d’Aden, le HCR travaille en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) depuis 2009 pour faire connaître et sensibiliser sur ces dangers. Mais les Somaliens continuent à entreprendre cette traversée périlleuse.

Malgré l’instabilité et l’insécurité au Yémen, 103 000 réfugiés, demandeurs d’asile et migrants de pays de la corne de l’Afrique, ont entrepris la traversée du golfe d’Aden et la mer Rouge en 2011.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo)

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18/10/2017
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