Syrie : le projet de résolution de la Ligue arabe examiné cette semaine à haut niveau

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Alors que de nombreuses informations inquiétantes arrivent en provenance de la Syrie, concernant un regain de violence, il est de plus en plus dûr de confirmer ou d'infirmer les différentes sources. Selon plusieurs d'entre elles, citant l'Observatoire syrien des droits de l'homme, 80 personnes auraient péri durant la seule journée de dimanche. Ce qui porte à 175, le nombre de tués depuis vendredi. En gros la moitié des victimes de dimanche serait des civils tués par balles dans différentes régions du pays, et ce qui est nouveau, dans la périphérie de Damas notamment à Traismeh où six personnes ont été abattues par des tirs de mitrailleuses. Pour l'autre moitié, c'est-à-dire les parties combattantes, les sources font état de 26 soldats fidèles au Président Bashar Al-Assad, tués lors de trois différentes attaques. D'autre part, neuf déserteurs ont trouvé la mort ainsi que cinq membres des forces de sécurité, selon la même source.

Dans ce contexte plusieurs efforts sont déployés pour faire cesser ce bain de sang et plus généralement pour trouver une solution à la crise. En fait, depuis le début de la crise, il y a dix mois, la communauté internationale et l'ONU en tête ont tenté à plusieurs reprises, sans succès, d'engager le régime du Président Al-Assad à dialoguer, à tenir compte du mécontentement populaire et à trouver une solution à la fois politique et pacifique. Une solution bien sûr prônée par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon.

Aussi, en cette fin de mois de janvier, il y a d'un côté, une majorité de pays membres notamment au Conseil de sécurité, qui ont jusqu'à présent soutenu cette ligne, et de l'autre la Chine et surtout la Russie, membres permanents, et donc disposant du droit de veto, qui s'y sont opposés, estimant que la crise syrienne est une affaire interne, et que seules les autorités et le régime syrien sont à même de trouver un dénouement au conflit. Or, le conflit s'éternise et risque de se radicaliser. Le nombre de morts, au début du mois de janvier était évalué à 5 400. Et toujours depuis le début du mois de janvier, le Conseil de sécurité a vu cinq nouveaux membres arriver, dont le Maroc, qui a présenté vendredi un nouveau projet de résolution, au nom de la Ligue arabe.

Le nouveau projet de résolution, qui est appuyé par plusieurs pays, dont la France et l'Allemagne, appelle à un soutien international du plan de la Ligue arabe. Un plan qui prévoit l’arrêt des violences et le transfert des pouvoirs du président Assad à son vice-président avant l’ouverture de négociations. Comme l'a précisé vendredi soir devant la presse, l'Ambassadeur de la France Gérard Araud, le projet de résolution prend acte de la paralysie du Conseil de sécurité et soutient les initiatives de la Ligue arabe. A aucun moment le projet n'envisage un embargo sur les armes ou une opération militaire internationale. Une position qui devrait être réaffirmée par la présence mardi à New York d'Alain Juppé, le Ministre français des affaires étrangères.

Du côté des défenseurs du régime syrien, le Représentant permanent de Damas auprès des Nations Unies, Bashar Ja'afari, estime que les pays occidentaux recourent à un langage colonial, dépassé datant de l'époque de Lawrence d'Arabie. La Syrie n'est pas un pays déliquescent. La Syrie n'est pas la Somalie. Pour sa part, la Russie, l'un des principaux soutiens de Damas, fustige la suspension samedi de la Mission d'observation de la Ligue arabe. Elle pourrait une nouvelle fois s'opposer à un projet de résolution sur la Syrie. Selon certaines sources, la Russie aurait proposé aux différentes parties de tenir prochainement des pourparlers à Moscou.

(Dossier préparé et présenté par Jérôme Longué et Maha Fayek)

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20/10/2017
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