Syrie : débat ministériel au Conseil de sécurité

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Le Conseil de sécurité fait salle comble lors de la séance sur la situation en Syrie, le 31 janvier 2012 (UN Photo/Paulo Filgueiras)

Il faudrait être sourd pour ne pas avoir entendu les pays occidentaux affirmer, marteler, répéter que le projet de résolution sur la Syrie n'était inspiré que du plan de la Ligue arabe. C'est la Ligue arabe qui est aujourd'hui entendue par la communauté internationale. Elle n'est sous l'influence de personne, surtout pas de l'Occident, disent les occidentaux. Et c'est d'ailleurs grâce à la Ligue arabe que le Conseil de sécurité pourrait voter une résolution salutaire pour le peuple syrien.

Dans un discours tout inspiré de la requête de cette Ligue arabe visant une transition politique et pacifique en Syrie, Hillary Clinton, ne parle pas de ce que les Etats-Unis veulent, mais du souhait des voisins de la Syrie. Il  faut, dit-elle, une transition politique rapide; un retour des militaires à leurs casernes, une libération de tous les prisonniers politiques et d'opinion, bref un transfert du pouvoir. Car il en est de l'avenir des 23 millions de Syriens à qui appartient la Syrie, non pas de celui d'un seul homme et de sa famille.

La Secrétaire d'État américaine a voulu surtout rassurer ceux qui parmi les pays estiment que le Conseil se dirige vers une approche semblable à celle retenue pour la Libye.

« C'est une fausse analogie », dit-elle. « La Syrie est une situation unique qui requiert une approche qui lui est propre et qui soit adaptée notamment au plan de la Ligue arabe. »

Le Royaume-Uni, la France et le Maroc partagent cette position, non sans négliger le pouvoir du Conseil qui doit maintenant selon Alain Juppé passer à l'action. Car il appartient au Conseil de sécurité d'exprimer avec autorité la volonté de la communauté internationale. C'est le Conseil qui se doit de statuer sur des cas aussi graves que celui de la Syrie.

Aux deux extrémités de la table du Conseil, Nabil El-Arabi, Secrétaire général de la Ligue arabe, et Bashar Ja'afari, ambassadeur de la Syrie aux Nations Unies.  Alors que la Ligue arabe invoque la responsabilité de protéger les civils et souhaite maintenir la pression sur le régime de Damas, l'ambassadeur syrien n'a de cesse d'évoquer la thèse du complot, des temps obscurs du colonialisme, du néocolonialisme qui est de mise, du droit de Damas de faire taire les armes et les actions terroristes sur le territoire syrien, de la souveraineté de la Syrie. Enfin, Bashar Ja'afari a invité les États à relire la charte de l'ONU et celle de la Ligue arabe et à répondre à la question de savoir pourquoi le Conseil n'était pas aussi actif, vocal sur les agissements d'Israël dans les territoires et à Gaza. Il s'est aussi demandé si le Qatar, dont la voix s'est fait entendre à deux reprises au Conseil, parlait au nom des arabes ou de l'OTAN.

(Mise en perspective de Maha Fayek)

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20/10/2017
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