Soudan du Sud : l'ONU lance un appel à l'aide d'urgence

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Des milliers de Sud-Soudanais frappés par les récentes violences interethniques dans le village de Pibor, situé dans la province orientale de Jonglei, ont un besoin urgent d’aide. Selon Lise Grande, Coordinatrice de l’action humanitaire de l’ONU au Soudan du Sud, une opération d’urgence sera nécessaire dans les semaines à venir pour aider les gens déracinés par les violences. «Des centaines de personnes qui s’étaient réfugiées dans le la brousse reviennent au village. Elles sont extrêmement vulnérables et ont besoin d’aide», avertit Lise Grande.

Quelque 6.000 jeunes hommes armés de la tribu des Lou Nuer ont marché ces derniers jours sur Pibor, un village de la tribu des Murle qu’ils accusent d’avoir dérobé leurs animaux. Ils ont au passage brûlé des huttes et pillé un hôpital de Médecins sans frontières (MSF).

Les violences ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir leurs maisons, ont entraîné la destruction de logements, des moyens de subsistance de la population et entravent l’acheminement de l’aide. Depuis le 28 décembre, ces violences interethniques ont fait au moins 10 morts, 25 femmes et enfants portés disparus et 8000 personnes déplacées. Mais «le nombre de morts pourrait se compter en dizaines, peut-être en centaines » a de son côté estimé Lise Grande.

D’une façon générale, « les opérations humanitaires sont menacées par une insécurité persistante dans la région », a mis en garde l'ONU. Une mission inter agences de haut niveau conduit par le Gouvernement du Soudan du Sud est arrivée ce mercredi à Pibor pour évaluer la situation humanitaire et les conditions de vie des déplacés victimes de ces violences.

En 2011 à Jonglei, les violences interethniques, les attaques de campements visant à voler du bétail et les opérations de représailles ont fait plus de 1.100 morts et forcé quelque 63.000 personnes à quitter leur domicile, selon un rapport de l’ONU.

Dans cette province comme dans d’autres, ces violences interethniques, très souvent liées à des histoires de vol de bétail, constituent une réelle menace à la stabilité du tout jeune pays, indépendant de Khartoum depuis juillet.

(Extrait sonore : Elisabeth Byrs, porte-parle du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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