RDC : les humanitaires redoutent la recrudescence de la violence au Nord Katanga et dans le territoire de Shabunda

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Un soldat rebelle des FDLR à l'Est de la RDC, en 2009 (Photo : Radio Okapi)

Début janvier, des affrontements ont eu lieu dans le Nord-Katanga entre les miliciens de Kyungu Mutanga, alias « Gédéon », évadé de prison en septembre dernier, et les forces de l'armée congolaise. Plusieurs milliers de civils auraient fui la région. Le territoire de Shabunda a été également le théâtre d'importants mouvements de populations à la suite des attaques des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) au début de cette année. Ces attaques se seraient accompagnées de tueries, de viols et de pillage des biens.

Condamné à mort pour des crimes contre l'humanité dans la province du Katanga entre 2001 et 2006, Kyungu Mutanga, alias « Gédéon », est revenu dans son milieu après s'être évadé le 7 septembre 2011 de la prison de Lubumbashi. Ce 7 septembre 2011, près de 1 000 prisonniers s'étaient échappés de cette prison lors d'une opération commando de miliciens. Parmi eux, Gédéon Kyungu Mutanga. Les humanitaires notent que cette recrudescence de la violence a fait des milliers de déplacés dont la plupart sont des enfants. Nombreux de ces déplacés sont cachés dans la forêt, sans assistance et livrés aux intempéries.

Par ailleurs les attaques des FDLR se seraient accompagnées notamment d'incendies de maisons, de tueries, de viols et de pillage de biens. Considérant la difficulté d'accès dans les localités agressées par manque d'infrastructures ou pour raisons de sécurité, une évaluation de la situation humanitaire n'a pas encore pu être menée.

Les partenaires humanitaires ont pu évacuer une quarantaine de blessés vers les centres de soins. La Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO) a, selon les cas, apporté son appui logistique.

Ces mouvements de populations vers les zones touchées par des diarrhées cholériformes font craindre une flambée de cas avec la pression qui sera exercée sur les infrastructures d'hygiène et assainissement.

(Extrait sonore : Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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17/10/2017
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