Peine de mort: Navi Pillay appelle l'Iraq à l'adoption d'un moratoire

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La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme s'est dite choquée par l’exécution de 34 personnes, dont deux femmes, le 19 janvier dernier en Iraq. Selon Navi Pillay, même si les normes d’un procès équitable étaient scrupuleusement suivies, cela aurait été un nombre terrifiant d’exécutions pour une seule journée.

Le nombre de condamnations à mort en Iraq est estimé à plus de 1200 depuis 2004. Le nombre de personnes effectivement exécutées depuis reste inconnu, bien qu’il y aurait eu au moins 63 personnes exécutées ces deux derniers mois. Il existe environ 48 crimes pour lesquels la peine de mort peut être appliquée en Iraq, comprenant un certain nombre de crimes qui ne sont pas des crimes de sang comme par exemple – dans certaines circonstances – les dommages aux biens publics.

Selon la Chef des droits de l'homme de l'ONU, étant donné « le manque de transparence dans les procédures judiciaires, les inquiétudes majeures quant à une justice équitable et à l’équité des procès, et la grande gamme de crimes pour lesquels la peine de mort peut être appliquée en Iraq, ce nombre est réellement choquant». «Plus inquiétant encore», a dit Navi Pillay, «l'ONU n’a pas reçu un seul rapport selon lequel un condamné à mort aurait été gracié, malgré des cas avérés d’aveux ayant été obtenus par la contrainte».

Navi Pillay appelle le Gouvernement iraquien à mettre en place un moratoire immédiat sur l’institution de la peine de mort». Elle rappelle qu’environ 150 pays ont aujourd’hui soit aboli la peine de mort en droit ou en pratique, soit introduit un moratoire. Elle a rappelé la Résolution 62/149 de l’Assemblée générale des Nations Unies, adoptée en 2007, ainsi que deux résolutions subséquentes qui appellent les États à introduire un moratoire sur l’usage de la peine de mort en vue d’une abolition future. Navi Pillay a aussi exhorté le Gouvernement iraquien «à cesser toutes les exécutions et, en priorité, à réexaminer tous les procès des personnes actuellement en attente d’être exécutées».

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme)

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20/10/2017
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