Guantanamo : Navi Pillay rappelle aux Etats-Unis de fermer la prison

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la baie de Guantanamo

La Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay, a déclaré le 23 janvier être profondément déçue par le fait que le Gouvernement des États-Unis ne soit pas parvenu à fermer le centre de détention de la baie de Guantanamo et qu’il ait, au lieu de cela, implanté durablement un système de détention arbitraire. La Haut-Commissaire a aussi ajouté avoir été perturbée par l’échec à trouver les responsables des violations importantes des droits de l’homme, y compris la torture.

«Cela fait dix ans que le Gouvernement des États-Unis a ouvert la prison de Guantanamo, et maintenant trois ans depuis que, le 22 janvier 2009, le Président ordonnait sa fermeture dans les douze mois qui suivaient. Aujourd’hui pourtant cet établissement continue d’exister et des individus continuent d’être détenus de façon arbitraire et pour une durée indéterminée – en violation flagrante du droit international», a dit la Haut-Commissaire.

«En outre, le récent National Defense Authorization Act, devenu loi en décembre 2011, codifie désormais cette détention militaire à durée indéterminée, sans inculpation ni procès. Cette loi enfreint quelques-uns des plus importants principes fondamentaux de la justice et des droits de l’homme, à savoir le droit à un procès équitable et le droit de ne pas être détenu arbitrairement. Personne ne devrait être détenu pendant des années sans avoir été jugé et condamné, ou relâché.»

La Haut-Commissaire a dit qu’elle avait pris note de l’engagement pris par le Président Obama dans sa déclaration du 31 décembre 2011 d’interpréter les sections pertinentes du National Defense Authorization Act «de manière à garantir que chaque détention autorisée par l’Acte soit en accord avec la Constitution, le droit de la guerre et toute les autres lois applicables.»

«Tout en reconnaissant pleinement le droit et le devoir des états à protéger leurs peuples et leurs territoires contre des actes terroristes, je rappelle à toutes les branches du Gouvernement des États-Unis leur obligation, selon le droit international relatif aux droits de l’homme, de s’assurer que les individus privés de leur liberté puissent voir la légalité de leur détention reconsidérée devant un tribunal», a dit Mme Pillay. «Lorsqu’il existe des preuves crédibles contre les détenus de Guantanamo, ils devraient être inculpés et poursuivis en justice. Autrement, ils doivent être libérés » a-t-elle ajouté.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo avec un extrait sonore de Nathalie Pouvez, Chef de la Section Etat de droit et démocratie, au Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme)

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20/10/2017
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