Espagne/OIM : balayer les idées reçues sur l'immigration

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Contrairement aux idées reçues, les Africains ne sont pas le premier contingent de migrants en Espagne. C'est l'un des enseignements des Cahiers migratoires de l'OIM. Selon l'Organisation internationale pour les migrations, Madrid est devenu le choix de destination des ressortissants d'Amérique Latine. Le nombre de migrants sud-américains est ainsi passé de 160 500 en 1990 à 2,1 millions entre 2001 et 2009. Les migrations depuis l'Amérique du Sud vers l'Espagne ont presque quadruplé au cours de la seule dernière décennie du 20ème siècle.

Les Etats-Unis étaient traditionnellement un pays majeur de destination pour les migrants d'Amérique latine mais tout a changé avec l'intensification du contrôle de l'immigration après les attentats du 11 septembre 2001. L'Espagne est donc devenue un autre choix de destination.

Le rapport, qui fait partie d'une série intitulée « Cuadernos migratorios » ou Cahiers migratoires, met en évidence le fait que l'Espagne est devenue le principal pays de destination de l'Union européenne pour les migrants d'Afrique, d'Europe de l'Est et d'Amérique latine dans les années 90. Environ 500 000 migrants sont arrivés en Espagne chaque année, soit un total de cinq millions à la fin de la décennie.

Au plus fort de ces mouvements, principalement depuis l'Equateur, la Colombie et l'Argentine, puis depuis le Pérou, la Bolivie, le Brésil, le Venezuela, l'Uruguay et le Chili, un tiers de tous les migrants en Espagne était originaire d'Amérique latine. Le nombre de migrants sud-américains est ainsi passé de 160 500 en 1990 à 708 700 en 1999, avant de tripler pour atteindre 2,1 millions en 2009.

La langue, la religion, les liens culturels et historiques ainsi que les régimes de visa libéraux pour les pays d'Amérique du Sud ont également contribué à cette vague d'immigration.

Le rapport souligne le besoin de main-d'œuvre non qualifiée pendant cette période car en plus du déclin des naissances et de la population vieillissante, les femmes étaient de plus en plus nombreuses à entrer sur le marché du travail en Espagne ou à faire des études secondaires.

L'expansion du secteur de la construction dans les années 90 a créé des emplois pour les hommes migrants alors que les femmes migrantes trouvaient facilement des emplois dans les services domestiques et l'aide aux personnes âgées.

Toutefois, la crise économique mondiale a conduit à un durcissement des politiques de visa et d'immigration depuis 2008, à commencer par la Directive de retour approuvée la même année permettant la détention des migrants en situation irrégulière, y compris les mineurs non accompagnés, pendant une période pouvant aller jusqu'à 18 mois en attendant les ordres d'expulsion.

La deuxième partie de la publication est centrée sur la politique migratoire espagnole. Elle met en avant le fait que l'Espagne et l'Europe continueront d'avoir besoin des migrants pour couvrir les pénuries de main-d'œuvre et que les politiques d'immigration actuelles doivent donc prendre en compte les réalités politiques et sociales d'aujourd'hui.

(Extrait sonore : Jean Philippe Chauzy, porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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14/12/2017
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