Droits de l’enfant : la RDC se dit victime de l'enrôlement des enfants soldats

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Des anciens enfants soldats montent à bord d'un hélicoptère de la Mission de l'ONU en RDC (UN Photo Marie Frechon)

Le Comité des droits de l’enfant a examiné mercredi 18 janvier à Genève, le rapport initial soumis par la République démocratique du Congo en vertu du Protocole facultatif sur l’implication des enfants dans les conflits armés. Au cours des débats, plusieurs experts du Comité ont relevé qu'en dépit des mesures prises par Kinshasa, la situation des enfants ne s'améliore pas. Elle serait même dramatique. Selon les experts, les enfants congolais continuent à être les premières victimes de l'insécurité, notamment dans les provinces de l'Est du pays.

Un diagnostic que ne partage par la Directrice de Cabinet adjointe du Ministre de la justice et des droits humains de la RDC qui a une nouvelle fois réaffirmé la politique de tolérance zéro de son pays en matière d'impunité. Marie-Thérèse Kenge Ngomba Tshilombay refuse donc que la RDC soit mise au banc des accusés. Au contraire, elle soutient que la RDC est la victime par excellence de l'importation forcée de situation de conflit ayant débuté en territoire voisin. Lors de sa déclaration d'une vingtaine de minutes devant le Comité, la responsable congolaise a ainsi énuméré les graves violations des enfants congolais qui se conjuguent avec «l'exploitation d'enfants dans les mines, l'utilisation des enfants comme esclaves sexuels ou boucliers humains dans les guerres, les viols d'enfants par les groupes armés et même par les contingents internationaux, le recrutement d'enfants dans les groupes armés et enfin les cas répétés de déportation d'enfants par la LRA et les FDLR qui constituent des illustrations tragiques des incriminations dont la RDC est non pas coupable mais plutôt victime ».

C'est la raison pour laquelle, la RDC se refuse donc d'être mise au banc des accusés. Marie-Thérèse Kenge Ngomba Tshilombay fait remarquer que l'entrée massive en 1994 des FDLR fortement armées est « l'un des cas les plus éloquents de l'implication de l'étranger dans l'aggravation injuste de la situation des droits de l'homme en RDC ».

Dans le document des réponses écrites par les autorités congolaises adressées au Comité des droits de l'enfant, la RDC souligne avoir lancé la campagne «zéro enfant dans les forces et groupes armés», une campagne menée de juin 2008 à juin 2009. Au sujet des procédures engagées contre ces Officiers, la RDC rappelle que la Justice Militaire a déjà ouvert des dossiers judiciaires à charge sur certains, notamment le Colonel Jean-Pierre BIYOYO, actuellement Commandant du l03ème Régiment à Lemera, qui a été déjà condamné il y a quelques années pour de tels faits. En ce qui concerne les Colonels Venant BISOGO et Michel MANIKA RUKUNDA, il est établi qu’aucune poursuite judiciaire n’a été encore engagée à leur endroit pour utilisation d'enfants. Par contre, le Colonel Innocent ZIMURINDA fait l’objet actuellement de poursuites judiciaires devant l’Auditorat Militaire Opérationnel du Nord-Kivu, pour des violations graves des droits de l’homme qui sont sans rapport avec l’utilisation des enfants dans les conflits armés.

(Extrait sonore : Marie-Thérèse Kenge Ngomba Tshilombay, Directrice de Cabinet adjointe du Ministre de la Justice et des Droits Humains de la République démocratique du Congo)

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12/12/2017
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