Catastrophes naturelles: des pertes économiques record de 366 milliards de dollars en 2011

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Tremblement de terre et tsunami au Japon en février 2011

Les pertes économiques consécutives à des catastrophes naturelles ont atteint un niveau record l’an passé, à hauteur de 366 milliards de dollars. Selon le Secrétariat de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes des Nations Unies (UNISDR), l'année 2011 a enregistré quelque 302 catastrophes naturelles qui ont provoqué le décès de 29.782 personnes et ont affecté quelque 206 millions d’êtres humains. Parmi ces victimes, il y a les 60 millions de personnes affectées par la sécheresse en Chine mais aussi dans la Corne de l'Afrique.

Sur le plan économique, le séisme qui a frappé le Japon en mars représente la plus grande part (210 milliards de dollars) des pertes économiques essuyées cette année. « Le grand tremblement de terre au Japon et le tsunami qui a suivi nous rappellent à tous que nous ne pouvons pas ignorer les leçons de l’histoire », souligne la Directrice de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes des Nations unies (UNISDR), Margareta Wahlström, citée dans un communiqué. « Les grandes villes situées sur des zones sismiques doivent prendre au sérieux la probabilité que les évènements se reproduisent ».

Une grande majorité des pertes humaines sont liées à des tremblements de terre: 20.943 (dont 19.846 au Japon) sur 29.782.

La dernière année record en termes de pertes économiques remonte à 2005, avec 243 milliards de dollar, selon l’étude menée par l’ONU et le Centre de recherche sur l'épidémiologie des désastres (Cred) de l’université de Louvain, en Belgique.

En 2011, outre les tremblements de terre au Japon, en Turquie et en Nouvelle-Zélande, d’importantes inondations en Thaïlande et en Australie ont alourdi la facture, de même que des ouragans aux Etats-Unis.

Lors de la conférence de presse de ce mercredi 18 janvier à Genève, la Directrice du Centre de recherche de Louvain a fait remarquer la vulnérabilité de nombreux pays. « Les désastres en 2011 ont montré que les pays développés ainsi que les pays à revenu moyen ne sont pas protégés contre les catastrophes dévastatrices », souligne Debarati Guha-Sapir.

Elle a par ailleurs souligné que les pertes économiques n’étaient pas la seule façon d’évaluer l’impact des désastres, soulignant les conséquences en termes de santé enregistrées par les populations affectées, notamment lors d’inondations. Ainsi, des études révèlent que les enfants ayant enduré des inondations sont plus enclins à développer des infections respiratoires.

En conclusion, elle fait remarquer que les inondations restent le désastre qui dispose du plus grand potentiel en matière de prévention.

(Interview : Debarati Guha-Sapir, Directrice du Centre de recherche sur l'épidémiologie des désastres, Université de Louvain, Belgique ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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