Droits de l'enfant : le Comité de l'ONU examine le rapport du Togo

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Le Comité des droits de l’enfant a examiné, ce lundi 23 janvier à Genève, le rapport du Togo. Au cours des débats, des experts du Comité se sont préoccupés du sort des enfants togolais, notamment des mariages précoces et forcés qui continuent d’être largement pratiqués dans tout le pays. En présentant le rapport de son pays, le Ministre des arts et de la culture du Togo avait rappelé la création depuis 2009 d'un téléphone vert qui permet de dénoncer les violences faites aux enfants. Selon Yacoubou Koumadjo Hamadou, ce mécanisme d’alerte mis en place par le Gouvernement avec l’appui de l’UNICEF est l'une des réponses de Lomé dans sa lutte contre les violences faites aux enfants.

Concernant « certaines pratiques néfastes comme les mutilations génitales féminines, l’infanticide commis sur des enfants nés avec handicap ou malformés et les mariages forcés ou précoces ayant encore cours dans certaines communautés, des mesures dissuasives ont été prises », a fait valoir Yacoubou Koumadjo Hamadou. La prévalence des mutilations génitales féminines, qui était de 12% avant l’adoption de la loi de 1998, est passée à 6,9% en 2007 et ce taux est aujourd’hui de 3,9%, a-t-il précisé.

Bien qu’il n’existe pas de données centralisées sur les violences sexuelles commises sur les enfants, celles recueillies auprès de certaines structures d’accueil révèlent que de 2008 à 2010, 117 filles victimes d’abus sexuels, âgées de 2 à 18 ans, ont été accueillies et ont bénéficié des services de prise en charge tels que l’hébergement, les activités éducatives et ludiques, la prise en charge médicale et psychosociale, l’appui juridique et le suivi social. Selon le Ministre, le Togo ayant plus que jamais senti le besoin et la nécessité d’impliquer les enfants dans la lutte contre les violences qui leur sont faites, un Conseil consultatif national des enfants a été mis en place en réponse à une des recommandations de l’étude des Nations Unies réalisée en 2006 sur les violences faites aux enfants.

Au sujet des difficultés liées à l’enregistrement systématique des naissances des enfants, la nouvelle loi sur l’état civil au Togo, promulguée en juin 2009, porte le délai de déclaration de naissance de 30 à 45 jours, a poursuivi le Ministre. Parallèlement, a-t-il ajouté, des campagnes périodiques sont organisées par les tribunaux et les services de protection de l’enfant pour délivrer aux enfants non enregistrés des jugements supplétifs tenant lieu d’acte de naissance. La campagne nationale lancée en ce sens le mois dernier permettra de délivrer à terme près de 150 000 jugements supplétifs tenant lieu d’acte de naissance aux enfants scolarisés des classes de CE2 au CM2 qui n’en disposent pas. Le Togo compte 48% d’enfants sur une population de plus de six millions d'habitants.

(Extrait sonore : Yacoubou Koumadjo Hamadou, Ministre des arts et de la culture du Togo)

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20/10/2017
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