Terrorisme bactériologique : Hillary Clinton exhorte la communauté internationale à se préparer

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La Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton durant son allocution, le premier jour de la conférence ministérielle du HCR, au Palais des Nations à Genève en Suisse-© UNHCR/Jean-Marc Ferré

La 7ème Conférence d’examen de la Convention sur les armes biologiques poursuit ses travaux à Genève. La Conférence a entendu aujourd'hui, entre autres, l'intervention de la Secrétaire d'État américaine. Hillary Clinton a déclaré que la capacité des groupes terroristes d’acquérir et d’utiliser des armes biologiques devient préoccupante et que les États-Unis ont adopté une stratégie nationale de lutte contre les menaces biologiques, engageant toutes les autorités dans la protection du peuple américain et dans le renforcement de la capacité de la communauté internationale de lutter contre les maladies infectieuses.

La Secrétaire d’État des États-Unis, a observé que les mêmes progrès scientifiques et technologiques qui permettent de prévenir et de guérir davantage de maladies facilitent aussi la mise au point d’armes biologiques par des acteurs étatiques et non étatiques, notamment par des terroristes. Il est en effet possible aujourd’hui de réaliser une arme très simple mais très efficace avec du matériel bon marché et des connaissances rudimentaires en chimie et en biologie.

Certes, il appartient à la communauté internationale de prévenir d’abord l’acquisition d’armes biologiques par les États. À cet égard, Mme Clinton s’est félicitée du succès enregistré par la Convention que représente le fait qu’elle a réussi à faire admettre au niveau des États une norme contre les armes biologiques: les États non signataires eux-mêmes ne peuvent légitimement revendiquer l’obtention de telles armes. Mais dans le même temps, la capacité des groupes terroristes d’acquérir et d’utiliser ces armes devient préoccupante. Certes, un certain nombre de membres de la communauté internationale doutent de la probabilité d’une attaque de grande envergure au moyen d’armes biologiques. Les États-Unis prennent pour leur part cette menace au sérieux: en effet, plusieurs groupes terroristes ont fait connaître leur intention de recourir à de telles armes, depuis la secte Aoum Shinrikyo, dans les années 1990 et l’attentat au sarin dans le métro de Tokyo, jusqu’à l’attaque à l’anthrax aux États-Unis, en 2001, qui a fait cinq victimes, en passant par les tentatives d’Al-Qaida de recruter des ingénieurs.

Compte tenu des risques potentiels d’une telle attaque, les États-Unis ont adopté une stratégie nationale de lutte contre les menaces biologiques, engageant toutes les autorités dans la protection du peuple américain et dans le renforcement de la capacité de la communauté internationale à lutter contre les maladies infectieuses. À cet égard, les États-Unis participent à la sécurisation des laboratoires de quarante-quatre États et ont organisé, depuis 2007, plus de douze ateliers de formation de fonctionnaires de santé publique et de police au dépistage des flambées suspectes de maladies infectieuses.

Cependant, il reste beaucoup à faire dans trois domaines en particulier, a poursuivi Mme Clinton. D’abord, il convient d’améliorer la confiance dans le respect de la Convention par les pays. Les États-Unis sont convaincus que, compte tenu de la nature de la technologie des armes biologiques, il n’est pas possible de créer un régime de vérification capable d’atteindre cet objectif.

Pour Hillary Clinton, il est cependant possible de prendre d’autres mesures, notamment la révision du mécanisme de soumission de rapports, afin que chaque État partie donne des réponses à des questions spécifiques, comme par exemple quelles mesures ils prennent pour prévenir l’utilisation de matériels biologiques à mauvais escient. Les États devraient en outre prendre leurs propres mesures de transparence, comme par exemple assurer la publicité de leurs rapports annuels, comme le font les États-Unis. Ensuite, il convient de renforcer les capacités des États à détecter et à réagir tant aux flambées épidémiques qu’aux menaces terroristes, et d’améliorer la coordination internationale dans ce domaine. Les États-Unis entendent soutenir l’action de l’Organisation mondiale de la santé dans ce domaine et engagent les autres États à faire de même.

Enfin, il importe d’instaurer un dialogue international approfondi autour de la manière de tirer le meilleur parti des avantages de la recherche scientifique et de minimiser les risques de son détournement à des fins contraires, a souligné Mme Clinton. Par exemple, on constate des progrès rapide dans le domaine de la synthèse génétique, qui facilite la mise à disposition de matériel génétique. Cette tendance présente des avantages certains en termes de recherche, mais pourrait aussi être détournée en vue de la fabrication d’organismes mortels.

Sur la question de savoir comment pondérer l’indispensable liberté scientifique et la nécessité de protéger la société contre des telles agressions, la Secrétaire d'État américaine a estimé qu'il n’y a pas de réponse simple, D'après Hillary Clinton, un dialogue franc doit se nouer à ce sujet entre les gouvernements, la communauté scientifique et d’autres parties concernées, notamment au sein de la Conférence d’examen. Les principes déontologiques proposés récemment par la Commission présidentielle de bioéthique des États-Unis peuvent contribuer à orienter ce dialogue auquel la Secrétaire d’État a invité tous les États, organisations internationales et scientifiques.

(Extrait sonore : Hillary Clinton, Secrétaire d'État américaine)

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17/10/2017
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