RDC: le report des résultats de la présidentielle accepté par le pouvoir et l'opposition

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Des enfants et des adultes consultent les résultats des élections présidentielle et législatives dans un bureau de vote de Matadi (Bas-Congo), le 29 novembre 2011. Radio Okapi

Le camp du président sortant Joseph Kabila et celui de son principal challenger à la présidentielle de lundi 28 novembre, Etienne Tshisekedi approuvent la décision de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de reporter de « 48 heures » la publication des résultats provisoires complets de ce scrutin initialement prévue pour mardi 6 décembre.

« Publier les résultats provisoires signifie disposer de tous les procès verbaux émanant des différentes circonscriptions électorales. Voilà pourquoi la Ceni a reporté parce que compte tenu des contraintes logistiques, certaines circonscriptions électorales n'ont pas transmis des procès verbaux », déclare Aubin Minaku, secrétaire général de la Majorité présidentielle, la plate-forme électorale de Joseph Kabila.

Il pense que cette prolongation permettra à la Ceni de respecter « l'impératif de la crédibilité du processus électoral ». Aubin Minaku ne craint pas un vide juridique à la tête du pays au-delà du 6 décembre, date constitutionnelle à laquelle prend fin le mandat du président actuel, estimant que cette question est déjà réglée dans la constitution congolaise.

« La constitution congolaise est claire : le président de la République actuel reste en place jusqu'à la passation de pouvoir avec le nouveau président élu », rappelle-t-il.

De son côté, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti d'Etienne Tshisekedi, n'est pas surpris par ce report. L'opposant Tshisekedi avait été consulté sur cette question lors d'une rencontre, lundi, à son domicile avec le chef de la Mission onusienne en RDC et les ambassadeurs de la Russie (qui préside le Conseil de sécurité) et du Gabon, affirme Albert Moleka, son porte-parole.

« La demande de la Ceni de prolonger nous a été transmise. Le président Tshisekedi a tout de suite dit qu'il n'y trouvait aucun inconvénient tant que cela vise à apporter toute la transparence dans ce processus et spécialement dans la proclamation des résultats », dit Albert Moleka précisant que son parti ne posait pas de problème sur la date du 6 décembre.

« M. Tshisekedi a toujours accordé la priorité à ce que le peuple pense. Et ce que le peuple pense au-delà de la date du 6 décembre, est de connaître les résultats véritables du verdict des urnes. Les Congolais peuvent même attendre plus de deux jours pour voir les résultats des urnes mais pas les résultats concoctés par un serveur », déclare-t-il.

Aujourd'hui à Kinshasa et dans les villes principales du pays on craignait le pire. La population vit dans la peur et la crainte d'une résurgence de la violence à l'annonce des résultats des élections. Il semblerait selon certains, qu'il s'agisse pour l'instant d'une accalmie temporaire qui précède le Tsunami.

(Interview : Pelet Kipela Mondo, Rédacteur en Chef adjoint de Radio Okapi ; propos recueillis par Maha Fayek)

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20/10/2017
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