Paludisme /OMS : la mortalité baisse mais les progrès restent fragiles

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Les moustiquaires à imprégnation durable sont l'un des moyens les moins onéreux et les plus efficaces de lutter contre le paludisme

Les taux de mortalité attribuables au paludisme ont baissé de plus de 25% au niveau mondial depuis 2000, mais la diminution des financements menacent directement ces progrès, selon le Rapport 2011 sur le paludisme dans le monde, publié mardi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'Organisation attribue ces progrès au redoublement des mesures visant à combattre et à prévenir le paludisme au cours de la dernière décennie, notamment grâce à l'utilisation à grande échelle des moustiquaires, à l'amélioration des outils de diagnostic et à une meilleure disponibilité des médicaments antipaludiques.

Mise à part la précarité liée au financement, le rapport signale aussi des défis, surtout celui de la résistance. D'une part, l'on constate une résistance aux traitements à base d'artémisinine dans quatre pays asiatiques, pour laquelle l'OMS recommande l'interdiction de la commercialisation des monothérapies par voie orale à base d'artémisinine. Par ailleurs, le problème de la résistance du moustique aux insecticides semble également s'aggraver, même si jusqu'ici le phénomène n'a pas été relié à un échec sur une grande échelle des efforts de lutte antivectorielle.

Selon les estimations, il y a eu, en 2010, 216 millions de cas de paludisme dans les 106 pays et territoires d’endémie. À l’échelle mondiale, 86% des victimes étaient des enfants de moins de cinq ans. L’Organisation estime que 81% de ces cas et 91% des décès sont survenus dans la région africaine de l’OMS.

Le plus gros fardeau du paludisme sont les pays d'Afrique subsaharienne qui comptent près de 60% des cas de cette maladie tropicale. L'OMS y constate néanmoins des progrès important dont un recul de la mortalité palustre de 33% depuis 2000; le nombre de foyers possédant une moustiquaire imprégnée d'insecticide est passe de 3% à 50% depuis 2000 et 96% des personnes qui y ont accès l'utilisent ; et le taux de dépistage dans le secteur public est passe de 20% en 2005 à 45% en 2010.

(Extrait sonore : Docteur Pascal Ringwald, coordinateur de l'unité sur la résistance aux antipaludiques ; propos recueillis par Cristina Silveiro.)

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20/10/2017
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