Conseil de sécurité : un soutien sans précédent aux Palestiniens

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Oscar Fernández-Taranco, Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux affaires politiques (à dr.), lors de la séance du Conseil de sécurité le 20 décembre 2011 (UN Photo/Eskinder Debebe)

Un tournant dans le traitement de la question du Moyen-Orient au Conseil de sécurité de l'ONU. En cette fin d'année, l'impensable a eu lieu. Une soudaine solidarité internationale pour les Palestiniens, n'émanant pas comme d'habitude de la majorité des États Membres des Nations Unies, mais de ceux qui se montrent traditionnellement les plus discrets; de ceux qui ont été pendant longtemps montrés du doigt en raison de leur inertie : les États Membres qui sont membres permanents et non permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. Tous, à l'exception d'un, ont fait aujourd'hui front contre Israël en dénonçant le manque de progrès dans le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens et les blocages israéliens qui menacent la mise en œuvre d'une solution à deux États.

C'est tout d'abord Oscar Fernández-Taranco, Sous- Secrétaire général des Nations Unies aux affaires politiques, qui s'est prononcé fermement contre la poursuite de la colonisation dans les territoires occupés et à Jérusalem Est. Ensuite, faute de pouvoir concocter une déclaration commune en raison du refus des Etats-Unis, les pays européens ont fait front contre Israël et ont fermement condamné la poursuite des implantations qualifiées d'illégales par la France, le Royaume Uni, le Portugal et l'Allemagne, rejoints dans une seconde déclaration par l'Inde, l'Afrique du Sud et le Brésil. Tous ont demandé une cessation immédiate des implantations.

Mais le propos le plus robuste et lapidaire à l'égard d'Israël a été celui de Vitaly Churkin, Président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre et Ambassadeur de la Russie aux Nations Unies. Churkin, qui a fustigé les États-Unis qui bloquent, selon lui, toute tentative de reconnaissance d'un état palestinien aux Nations Unies; toute possibilité de traitement juste et équitable par le Conseil de la question palestinienne, en raison des vétos américains successifs.

À cela s'ajoute l'inertie du Quartet, « l'intransigeance de ceux qui continuent d'imposer aux palestiniens un seul et unique choix : la reprise des négociations sans conditions préalables alors même que le démantèlement de la Cisjordanie et de Gaza par les colonies juives laisse difficilement présager d'une solution de deux États », a-t-il martelé.

(Mise en perspective de Maha Fayek)

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18/10/2017
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