Assemblée générale : financer le développement pour accélérer la croissance

Écouter /

le manque d'infrastructures comme principal goulot d'étranglement en Afrique

La réunion de haut niveau de l'Assemblée générale sur le financement du développement a poursuivi ses travaux jeudi à New York.

La France a jugé révolu le temps où le développement et le financement étaient réservés aux puissances du G7. Désormais, les responsabilités sont partagées. Attachée à l'esprit de Monterrey et de Doha, la France a contribué lors de sa présidence du G20 à dessiner de nouvelles frontières de l'aide au développement. Martin Briens Représentant permanent adjoint de la France auprès de l'ONU a estimé que dans un monde interdépendant, marqué par les instabilités macroéconomiques et une volatilité chronique, le développement est un axe majeur de la régulation de la mondialisation et de la coordination des politiques économiques en vue d'accélérer la croissance mondiale.

Cette année 2011 a été marquée par deux autres temps forts concernant la coopération pour le développement, a-t-il dit.

La conférence des Nations unies sur les Pays les moins avancés, en mai dernier à Istanbul, a été l'occasion de décider d'un plan d'action pour la décennie à venir, visant la graduation d'au moins la moitié des PMA. Le 4ème forum sur l'efficacité de l'aide, ensuite, qui s'est tenu à Busan il y a quelques jours, a permis de poser les bases d'un nouveau partenariat pour le développement, élargi à l'ensemble des partenaires (donateurs du Comité de l'Aide au développement de l'OCDE, pays émergents, secteur privé, milieu associatif) et dépassant l'agenda traditionnel de l'efficacité de l'aide, pour s'intéresser à l'efficacité du développement.

Au total, c'est le clivage traditionnel Nord/Sud qui est aujourd'hui dépassé : dans une économie mondialisée, les trajectoires de développement se différencient, de nouvelles puissances économiques émergent et les pays en développement présentent des situations hétérogènes. Par ailleurs, des défis globaux apparaissent, qui appellent des réponses coordonnées. Enfin, clairement, les Pays en développement s'affirment comme les nouveaux pôles de croissance. Il nous faut donc innover, au-delà des frontières et des instruments traditionnels de l'aide.

La France demeure attachée à l'esprit de Monterrey et de Doha et à sa vision intégrée du financement du développement, à condition de prendre la mesure des évolutions qui ont changé le monde durant les 10 dernières années, pour dessiner de nouvelles frontières de l'aide.

L'aide publique au développement est un catalyseur indispensable, en particulier dans les pays les moins avancés, et l'objectif agréé de 0,7% de PIB demeure incontournable.

De plus, Martin Briens, estime que les pays en développement ont besoin de mobiliser l'ensemble des ressources disponibles pour enclencher leur développement : celles émanant du secteur privé, de leurs échanges commerciaux, des transferts de fonds de migrants.

C'est la raison pour laquelle le G20 a soutenu la croissance économique des pays en développement : en identifiant le manque d'infrastructures comme principal goulot d'étranglement en Afrique, en luttant contre la volatilité des prix alimentaires, en replaçant la recherche et l'innovation agricole au cœur des préoccupations, en appelant à la mise en place de socles de protection sociale, au respect de standards favorisant les investissements dans les pays en développement créateurs de valeur ajoutée et d'emplois locaux, à l'accès des plus vulnérables à la finance et à l'emploi.

(Extrait sonore : Martin Briens, Représentant permanent Adjoint de la France aux Nations Unies)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
12/12/2017
Loading the player ...